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vendredi 9 octobre 2020

Faut-il interdire l'école à cause des dérives de quelques enseignants?

Cet article, j'ai attendu quelques jours avant de l'écrire. 

Lorsque le ciel nous est tombé sur la tête vendredi dernier, nous avons tous été très choqués. En quelques mots, lâchés avec la délicatesse d'un tractopelle, tout notre quotidien est devenu incertain. Les libertés sur lesquelles nous avons bâti nos modèles de vie vont probablement nous être arrachées. Pire encore: sans avoir jamais rien commis de répréhensible... nous voici assimilés à de dangereux extrêmistes qu'il faudrait empêcher de nuire. Alors j'ai attendu quelques jours de redescendre en pression...


Faut-il interdire l'école à cause des dérives de quelques enseignants? 

Bien sûr que non ! Cela semble évident n'est-ce-pas? 

Pourtant, je découvre avec stupeur que lorsqu'il s'agit d'interdire l'instruction en famille pour tous à cause des dérives supposées de quelques uns... la majorité acquiesce. 

Déjà, de quelles dérives parlons-nous? Car l'instruction en famille... n'a absolument pas fait parler d'elle ces dernières années. Aucune histoire glauque concernant une famille de homeschoolers n'a fait les gros titres. Aucun terroriste ne sort de l'école à la maison: absolument tous ont été formés à l'école de la république. Alors quel drame, quelle dérive justifie qu'on nous ôte le droit fondamental de choisir le type d'éducation donnée à nos enfants, un droit garanti par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen mais aussi par la constitution ? Le gouvernement ne donne aucun chiffre, et affirme simplement, en brossant de larmoyants clichés d'enfants djihadistes fanatisés dans des caves, que nous serions une population de séparatistes radicalisés. 


Une communauté ouverte et tolérante 

Ceux qui nous connaissent savent à quel point cette affirmation est grotesque. Ce qu'il faut savoir, c'est que la population "non sco" est incroyablement éclectique. Quand mon aîné était scolarisé, nous ne fréquentions que des familles du même milieu social que le nôtre. Avec l'école à la maison, nous nous sommes faits des amis de différentes religions, professions, bords politiques, milieux sociaux, ... Nous avons sympathisé avec des familles de viticulteurs provençaux, des israëliens dans le showbiz, des familles d'artistes nomades, des cathos tradis, des païens permaculteurs, des geeks, des navigateurs, des gilets jaunes mélenchonistes, des bobos de toutes les couleurs, et même... plein de familles d'enseignants ! J'ai découvert des familles qui comptaient chaque centime, et d'autres qui partaient fêter Noël en Laponie. Des gens qui étudient à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, et d'autres qui ont une cloche et un tableau noir dans le salon. Alors forcément, on partage, on rit et parfois on se chamaille sur des détails, mais tout ce petit monde a une chose essentielle en commun: le souci de permettre à chaque enfant de progresser et de s'épanouir dans ce qu'il aime. C'est cette passion des apprentissages en famille qui nous unit, très loin des clichés dans lesquels on aimerait bien nous enfermer. 

Et oui... ironie du sort, c'est à la communauté la plus hétérogène et la plus ouverte d'esprit de France que l'on reproche d'être séparatiste !


Les écoles clandestines 

Le gouvernement pointe du doigt les écoles clandestines. Mais ces écoles... sont déjà clandestines. Elles sont illégales. Les lois actuellement en vigueur permettent déjà de dissoudre ces "écoles", de poursuivre en justice leurs créateurs et de scolariser les enfants qui les fréquentent. Pourquoi cela n'est-il pas fait? 

L'instruction en famille n'a aucun lien, de près ou de loin, avec ces "écoles". Nous déclarons chaque année que nos enfants font l'école à la maison. Suite à ces déclarations nous sommes soumis à des contrôles qui vérifient que nos enfants sont instruits et épanouis. Chaque année nous recevons les services de l'éducation nationale à notre domicile, pour une inspection de chaque enfant individuellement. Nous recevons également les services de la mairie, qui vérifient que les enfants sont heureux et qu'ils ne manquent de rien. 

Si les dérives décrites existent réellement, elles ne sont que la preuve de la négligence des services censés appliquer la loi. 


Alors en attendant que la France retrouve la raison et le sens de sa devise, je vous invite à signer cette pétition, portée par les principaux acteurs du homeschooling français. 

Courage à nous tous: la liberté finira, tôt ou tard, par triompher 



mardi 1 septembre 2020

Un programme de français complet niveau CM1

Voici un aperçu du programme de français patiemment concocté pour mes petites homeschooleuses! Je l'ai conçu pour elles et avec elles, en fonction des envies et des besoins d'enfants de 8 et 10 ans. C'est un programme exigeant mais varié, basé sur la littérature "vivante". Objectif: les faire rêver, leur transmettre l'amour de la langue, et leur permettre de progresser à l'écrit comme à l'oral!

Au programme: 

32 modules (1 par semaine d'étude) condensés en plus de 200 pages, avec 

-un thème de littérature vivante par module,

-des dictées piochées parmi les plus beaux textes de la littérature (dont pas mal de textes avec de l'action! Globalement mes enfants se plaignaient de n'avoir que des dictées "descriptives" dans leurs cours habituels),

-de l'analyse grammaticale et logique,

-de la recherche de vocabulaire,

-des exercices d'orthographe, de grammaire et de conjugaison,

-des activités de conjugaison ludique,

-des sujets de rédaction vivants et très variés (Là encore, avec de l'action et des idées un peu folles, qui font réfléchir hors du cadre! J'y ai porté une attention toute particulière car les cours de mes aînés les  ont traumatisés de la rédaction avec des sujets répétitifs du style: "décrivez un paysage sous la neige"!), 

-des poésies, 

-de l'expression orale, 

-des fiches "outils",

-mais aussi les corrigés complets !

Le tout est disponible en version PDF à télécharger instantanément sur Comptoir des Cours, le "teachers pay teachers" francophone! ou en version éditée en livre broché sur Amazon






dimanche 15 mars 2020

Au secours, nous sommes confinés!





S'il y a bien un évènement que personne n'imaginait, c'est la fermeture de toutes les écoles de l'hexagone pour cause de pandémie! Toutes ces années à se battre pour que l'école à la maison reste légale en France... pour au final, ironie du sort, se retrouver en situation d'école à la maison obligatoire pour tous!

J'ai reçu pas mal de messages de parents désespérés à l'idée de se retrouver en huis-clos avec leurs enfants. J'ai donc repris du service pour vous dire: TOUT-IRA-BIEN! Les enfants ne mordent pas (enfin pas tous), et avec un peu d'organisation vous pourrez faire de cette période un souvenir merveilleux pour toute la famille. 


Je comprends tout à fait que la situation soit angoissante quand on ne l'a pas choisie et que l'actualité est aussi anxiogène qu'actuellement. Mais elle a aussi du bon cette quarantaine forcée! C'est l'occasion de lever le pied, de se retrouver en famille, de se consacrer à autre chose, de se découvrir de nouveaux centres d'intérêt... 


Pour que tout se passe bien, n'oubliez pas que la situation a changé: vous allez être plus nombreux à la maison, il y aura plus de repas à préparer, plus de ménage à faire. Si vos enfants ont plus de deux ans, ils sont tout à fait capables de participer aux tâcher ménagères: vous n'êtes pas les esclaves de la maison, surtout si vous devez gérer un télétravail en plus de vos enfants! 

Organisez un tableau avec les tâches de chacun, adaptées aux âges bien sûr: qui met la table? Qui débarrasse? Qui aide à préparer le repas tel ou tel jour? Quel est le jour de linge de chacun? Qui fait le ménage de telle et telle zone? Quelles heures sont consacrées au travail? Quel créneau est réservé aux jeux? Quand faudra t'il impérativement laisser les parents se reposer et/ou travailler au calme?... 

Préservez-vous, organisez les tâches: vous ne pouvez pas tout faire, et quand les rôles de chacun sont clairement établis à l'avance les enfants sont très fiers d'avoir des responsabilités et de participer à la vie de la maison. Ce ne sera pas aussi nickel que si vous l'aviez fait vous mêmes, mais ils auront considérablement gagné en autonomie. 

Ensuite, côté activités sympas, puisque les musées, bibliothèques, piscines, clubs sportifs et magasins sont fermés, il va falloir faire avec ce que vous avez déjà. Cela tombe bien: nos maisons et nos jardins regorgent souvent de choses simples mais qui offrent une infinité de possibilités! 

Vous trouverez sur ce blog une multitude d'idées d'ateliers en tout genre: 















et des dizaines d'autres, il suffit de fouiller!

Vous trouverez aussi des dizaines de FICHIERS A TELECHARGER et à imprimer. C'est clef en main, et il y en a pour tous les goûts: sur les saisons, sur différents pays, sur les formes et les couleurs, les animaux... Il y a même un cahier de pâte à modeler à imprimer! Profitez-en et amusez vous! 

N'oubliez pas d'aller faire un tour sur l'instagram de petits homeschoolers, sur le site du crapaud chameau, d'Eve Herrmann, de petite fleur loves books... par exemple, bref, promenez-vous dans la sphère du homeschooling: vous y trouverez de vrais trésors! 

Encore bienvenue à tous: prenez soin de vous et de vos proches, reposez-vous en famille, profitez de la situation pour faire toutes ces choses pour lesquelles, d'ordinaire, il vous manque du temps. 
Faisons de la santé et de la solidarité nos priorités. 



lundi 19 juin 2017

Année 2016-2017: l'heure du bilan!

Ca y est: entre la chaleur et la fatigue, nous avons rangé les chariots d'étude (ces fameux chariots qui nous servent de cartable, d'étagère et de papeterie!). L'heure des grandes vacances a sonné: à nous la plage avant les touristes, les grandes balades en forêt et les pique-niques entre amis!

C'est aussi l'heure, comme chaque année, de faire le bilan de ce qui a marché et de ce qui mérite d'être repensé.

Pour notre sixième année de homeschooling j'avais un cm2, un ce2, une cp, et une petite puce de 4ans en septembre qui a commencé en GS et fini en CP.

Je remarque surtout que plus les années passent, plus elles sont chargées! On m'avait certifié que plus les enfants grandissent, plus ils sont autonomes et plus on a de temps libre... je constate tout l'inverse! D'ailleurs je n'ai plus une minute pour entretenir ce blog! Certes les enfants sont plus autonomes, mais ils font aussi beaucoup plus de choses. Nous sortons dix fois plus, nos randos sont bien plus longues, nos voyages plus péchus, les programmes d'étude sont eux aussi de plus en plus chargés... sans parler de toutes nos heures de sport et des compétitions des uns et des autres... On n'arrête pas! Fort heureusement le homeschooling nous permet de ne jamais avoir de devoirs le soir et le week-end, ce qui nous permet de garder assez de temps pour lire, jour, discuter, cuisiner...

Je n'ose même pas imaginer ce que seraient nos soirées s'il y avait en plus le stress des devoirs!

Pour les petites

C'était leur toute première année d'instruction à proprement parler. Jusqu'ici elles étaient en unschooling, c'est à dire que nous favorisions le bain culturel mais qu'elles étaient totalement libres de venir étudier ou non. Elles n'avaient pas d'obligations liées à un programme fixe, pas d'attendus "scolaires".

Mais en septembre, comme pour les aînés au même âge, j'ai imposé une routine à la grande de six ans. La plus petite a suivi. D'une part parce qu'elle a toujours vécu comme un intolérable affront d'être considéré comme plus petite que les autres, et d'autre part parce qu'elle était la dernière: il ne restait aucun autre enfant avec lequel jouer pendant que les autres étudiaient. Alors malgré ses 4 ans et tous mes principes sur le "pas avant 6 ans"... elle a suivi la dynamique du groupe. Je lui avais pris une année de grande section Sainte Anne, plus pour l'occuper qu'autre chose. Une fois l'année de grande section finie (en novembre) nous sommes passés au CP. 

Comme pour les deux aînés j'ai remplacé le livre de lecture des cours Sainte Anne car je trouve le "petits pas" vraiment rébarbatif. Attention: la méthode en elle même est excellente, c'est du syllabique pur, la progression est bien pensée... mais le manuel est tellement sec! Pas de personnages auxquels s'identifier, pas de beaux dessins pour rêver ni de petits contes à découvrir... 

Nous avons donc préféré travailler avec Mico mon petit ours. Il n'est plus édité, mais il est imprimable gratuitement sur l'excellent site des manuels anciens. C'est à ma connaissance la seule méthode syllabique qui s'apparente à un living book: dès la première page l'enfant plonge dans un vrai roman. Il s'attache aux personnages, suit leurs aventures, découvre les contes de fées racontés par la grand mère au coin du feu... C'est vivant!

Au rythme d'une double plage par jour, et sans négliger l'apprentissage de l'écriture en parallèle, la grande de 6 ans savait lire à Noël et la plus petite en février. Aujourd'hui la grande dévore les gros romans. La plus petite en revanche lit encore tout doucement (des Emilie, de petits mangas...). 

Grâce au français des cours Sainte Anne nous avons commencé l'analyse (verbe, nom commun/propre, féminin/masculin, singulier/pluriel, adjectif qualificatif, article défini/indéfini...) et la conjugaison (être et avoir au présent). 

Côté calcul pas de changements: nous avons continué avec la méthode Singapour, ancienne édition (beaucoup plus riche que la nouvelle édition conçue pour l'éducation nationale). Nous avons encore pas mal de travail à l'oral sur la confusion entre 70-80-90 (par exemple 71 est encore parfois prononcé "7 dizaines et un" ou "soixante dix et un". Ah, si seulement nous étions belges ou suisses!). Du côté de ce qui fonctionne elles savent résoudre de petits problèmes, maîtrisent les additions et soustractions jusqu'au millier, avec des retenues. Elles connaissent la notion de pair/impair, et savent trier des nombres avec les signes < et >. 
Elles ne font pas encore de géométrie (je commence en CM1). 

L'an prochain, pour le ce1, nous continuons avec les cours Sainte Anne. Avec cinq et six heures de sport par semaine, elles continueront la voile, la danse classique et la natation. 

Pour les deux grands

L'année a été sportive et studieuse! 
L'un comme l'autre sont très actifs dans plusieurs clubs (karaté, water polo, voile, natation). Ils sont à plus de dix heures de cours de sport par semaine, sans compter les sorties vélo/running/natation du week end. Il y a quelques années cela m'aurait paru énorme pour des enfants de huit et dix ans mais aujourd'hui je constate qu'ils en ont besoin, et que c'est même un minimum, surtout quand c'est bien réparti sur la semaine. 

Mon fils de 8 ans suivait un ce2 Sainte Anne. Je me bats encore quotidiennement sur l'écriture et sur la lenteur. C'est duuuuuur, c'est avec lui que je passe 90% de mon temps (heureusement que les autres sont autonomes!), mais petit à petit, il progresse. Le grand pari de l'an prochain sera de le faire travailler efficacement seul beaucoup plus souvent. 

Le grand de 10 ans a terminé le CM2 Sainte Anne. Il est presque trop autonome, étant donné que je suis très prise par le petit frère. Il a aujourd'hui de bonnes bases: tout ce travail en valait la peine! Nous aurions pu continuer avec les cours Sainte Anne, qui proposent une sixième et bientôt une cinquième, mais nous avons décidé de passer chez Hattemer. Nous avons juste envie, après six ans de Ste Anne, de changer de système pour le collège. D'autant plus qu'Hattemer propose une option anglais bilingue, avec le passage du KET à la fin de l'année (examen  de Cambridge), ainsi que du Chinois dès la sixième. 


Ce que nous gardons l'an prochain: les narrations!!! Elles permettent de se mettre dans une ambiance de travail: c'est c'est un rituel que nous apprécions tous énormément.  Nous continuons le rythme sportif qui nous plaît bien à tous, ainsi que toutes nos sorties nature, qui sont un véritable bol d'oxygène!

Ce que nous devons améliorer: je dois absolument trouver une routine viable et alléger ce qui peut encore l'être. Pour la première année, aucune routine n'a tenu plus de quelques jours et je me suis retrouvée à chaque fois à me débattre entre les modules des uns et des autres. La masse de travail est énorme: ayant un enfant qui n'a aucune autonomie et qui me demande une attention constante je n'ai pas du tout réussi à faire tourner la machine efficacement. Les dictées Sainte Anne par exemple sont horriblement longues, surtout en ce2 et cm2, et elles mobilisent toute mon attention sur un enfant. Le temps que les quatre dictées soient faites... il est déjà onze heures! Ca ne me laisse pas assez de temps pour écouter les narrations d'histoire, expliquer un nouveau concept de maths, aider en analyse, écouter la lecture des petites...
Bref: on l'a fait mais ce fut tellement la course que nous n'avons pas réussi à "sortir" des cours. A part pour le cp, qui est un niveau que je connais maintenant sur le bout des doigts... nous sommes restés trop collés aux modules. Comme j'aurais aimé avoir plus de temps pour approfondir, pour expérimenter, comme nous le faisions les années précédentes!
Je cherche donc activement une routine qui tienne sur le long terme avec quatre enfants de 5 à 10 ans, et je fais appel à vos bons conseils!  L'idéal, je le sais bien, serait de passer sur un cours conçu pour plusieurs niveaux (donc avec un programme de leçons en commun, comme Ambleside). Mais pour l'instant je tiens à rester dans un système de cours par correspondance, avec des avis de passage qui nous permettraient de rescolariser les enfants sans trop de difficultés. Ce n'est pas la solution la plus confortable, c'est même très onéreux, mais les cours restent assez adaptable et cela m'évite des inspections pénibles. En cas de pépin (maladie, décès dans la famille, voyage imprévu...) les cours par correspondance me permettent aussi de passer en mode "pilote automatique". 

Ce que nous découvrirons: un tout nouveau cours avec Hattemer! 

Et chez vous, que gardez-vous? Que changez-vous? 

mardi 28 février 2017

La bonne façon de faire l'école à la maison

J'ai de plus en plus de mal à écrire ici. Tout simplement parce que je sature tellement de tous les articles moralisateurs qui fleurissent ces derniers temps dans la communauté homeschool, que j'ai peur de tomber dans ce travers. 
Mais vous savez quoi? 

La bonne façon de faire l'école à la maison c'est la vôtre. C'est celle qui vous convient, à vous, à votre enfant, et à votre famille. 

Non: vous n'êtes pas obligés de suivre les programmes, de prendre un cours par correspondance, de rescolariser votre enfant à 10 ans, d'étudier 4h30-5j/semaine, de suivre telle pédagogie en vogue ou de tenir un cahier de bord. Vous n'êtes pas non plus obligés de faire un potager si ça vous barbe, ou de tenir un livre des siècles si vous préférez fonctionner autrement. Vous adorez votre tour rose? C'est génial! Vous estimez que tout ce matériel pédagogique ruineux est une vaste fumisterie? Bonne nouvelle: il existe des centaines d'autres façons de s'instruire!

Le homeschooling offre une infinité de possibilités, et c'est ça qui est intéressant. Aucune école n'a une telle liberté, c'est juste incroyable tout ce qu'on peut faire à la maison en terme d'expérimentations et d'innovations. Alors forcément on a tous nos échecs et nos réussites: on tâtonne, et aucune journée de travail ne ressemble à la précédente. Je me suis royalement plantée en mettant le niveau trop haut ou trop bas, ou en optant pour de mauvaises méthodes. Et des erreurs j'en ferai encore! Mais quand quelque chose ne fonctionne pas on cherche des solutions et oui, parfois ça peut passer par un énorme lâcher-prise dans un domaine! C'est ce que j'aime quand je vois les sites des uns et des autres: piocher des idées par-ci par-là, parce que vous êtes tous tellement créatifs! 

Je n'ai surtout pas créé ce blog pour imposer ma façon de faire, mais pour montrer une façon de faire. Pour partager avec ceux qui se sont aussi lancés dans l'aventure, et pour rassurer ceux qui n'y connaissent rien et qui pourraient avoir des préjugés sur ce mode de vie. 

Alors s'il vous plaît, ne vous laissez pas atteindre par ceux qui voudraient vous imposer leur modèle de vie! Continuez d'étudier à votre façon, continuez chaque jour d'inventer votre homeschooling. 

vendredi 13 janvier 2017

Homeschooling et intendance: comment concilier l'instruction en famille avec le ménage, les courses, les rendez-vous...

Quand je parle du homeschooling, la question qui revient sans cesse porte sur les tâches ménagères: "comment fais-tu, avec quatre enfants non scolarisés, pour faire les courses, le ménage... pour aller chez le médecin?" quand ce n'est pas carrément "ah non moi je préfère les savoir à l'école qu'au supermarché avec moi!". 

C'est juste une autre organisation, un autre fonctionnement. 

Ca me fait penser à cette blague qui circule dans le milieu homeschool: 
"Savez-vous comment une famille de homeschoolers change une ampoule? D'abord la mère emprunte à la bibliothèque trois livres sur l'électricité, puis les enfants construisent des maquettes d'ampoules, lisent la biographie de Thomas Edison et préparent un dossier sur sa vie. Ensuite chacun étudie l'histoire de l'éclairage, et la famille organise un atelier "confection de bougies". Puis la famille au grand complet se rend au magasin pour comparer les différents types d'ampoules ainsi que leur prix et leur rentabilité par rapport à leur longévité. Ils n'oublient pas de calculer le montant de la monnaie en sachant que les deux ampoules sont à 3€20 et qu'ils règlent avec un billet de 5€. 
Sur le trajet du retour ils partent dans un grand débat sur l'histoire de la monnaie et sur l'architecture classique, puisque le billet de 5€ en montrait une arche. Enfin, après avoir confectionné une échelle maison à base de branchages ramassés dans la forêt... l'ampoule est installée!"

Et bien c'est exactement ça... pour tout! En homeschooling toutes les petites choses du quotidien sont mises à profit. 

Les courses

Je ne vais plus au supermarché depuis plusieurs années. Quand je suis vraiment obligée d'y passer brièvement j'en ressors avec une migraine épouvantable et une horrible sensation de malaise vis à vis du nouvel esclavage qui s'y déroule et de la quantité de déchets engendrée par ce mode de consommation. Au fil du temps j'ai ressenti le besoin d'être plus cohérente dans mon mode de vie. Si le supermarché n'était pas un bon endroit pour mes enfants, il ne l'était pas pour nous non plus. J'ai d'abord opté pour le "drive", avant de me rabattre sur les magasins bio, maraîchers, épiceries en vrac, ruches... 


Je vous entends déjà me dire que c'est bien joli mais pas à la portée de n'importe quelle bourse. Mais papa homeschooler aime bien les chiffres et les budgets bien gérés: les produits "bio" et locaux sont effectivement plus chers mais nous n'avons pas pour autant augmenté notre budget courses pour autant. Nous n'achetons presque plus aucun produit transformé et nous gérons beaucoup mieux nos stocks: menus, listes de courses. 


Les enfants m'accompagnent presque systématiquement auprès des producteurs et des magasins bio, mais nous n'y allons pas pour "faire le plein" comme nous le faisions autrefois au supermarché. Nous y allons pour échanger, chercher la qualité, découvrir de nouveaux produits, pour soutenir une économie locale...

C'est essentiel d'apprendre à se nourrir et à consommer intelligemment! 

En cherchant des petits producteurs nous avons découvert de très belles exploitations près de chez nous. C'est passionnant! Acheter en vrac leur donne l'occasion d'estimer des poids et des quantités puis de les peser pour vérifier. Consommer bio et local leur permet de savoir ce qui pousse près de chez nous à chaque saison et d'adapter leurs comportements en fonction: non, nous ne pouvons pas faire de charlotte aux fraises pour ton anniversaire en février, mais à nous les tartes au citron meringué, les gâteaux aux pommes, les fondants au chocolat!


Le ménage

J'ai toujours été choquée par la présence de personnel de ménage dans les écoles: trente cinq personnes dans une pièce, aussi petites soient-elles, ne peuvent-elles pas faire le ménage elles-mêmes? Quand j'ai soulevé la question avec une enseignante elle m'a répondu "on n'a quand même pas fait des études pour faire le ménage, et les enfants ont plus important à faire que de passer la serpillère, sans parler des produits d'entretien toxiques". Wow, il y a du boulot! 

Prenons le Japon par exemple vous ne trouverez pas une seule femme de ménage dans les écoles: les enfants, dès tout petits, nettoient eux-mêmes leurs locaux, avec l'aide de leurs enseignants. Le ménage est fait tous les soirs par une petite équipe de cinq écoliers, avec un roulement d'équipes organisé. Et ils ne nettoient pas que leur salle de classe: toute école y passe, même les toilettes, la piscine, les extérieurs... Et la veille des vacances toute l'école s'y met pour un grand ménage général. Ce n'est pas "indigne", ce n'est pas non plus une perte de temps. Cela apprend juste l'humilité. J'ai sali, il est normal que je nettoie: je ne compte pas avec condescendance sur la bonne de l'école pour faire le "sale boulot" derrière moi. Pour couronner le tout ils excellent dans les classements internationaux: preuve que faire le ménage n'empiète pas sur le temps d'étude, au contraire!


Alors quand on me dit "je préfère que mes enfants soient à l'école qu'à faire le ménage avec moi à la maison" j'ai juste envie de répondre "pas moi". Déjà parce que ça va très vite le ménage quand on s'y met à 5, ça n'empiète jamais sur le temps d'étude et il leur reste tout de même énormément de temps libre! Et ensuite parce que je ne voudrais justement pas qu'ils passent leurs journées à salir une salle de classe sans même penser à la personne qui viendra nettoyer derrière eux pour un salaire de misère. Et pour répondre au problème de la toxicité des produits ménagers: une maison peut se nettoyer du sol au plafond avec du savon de Marseille, du vinaigre blanc, de l'eau et de l'huile de coude! 

Alors je ne prétendrai pas que ma maison est toujours nickel, loin de là! Mais en demandant à chacun de ranger et en répartissant les tâches on y arrive. Même au niveau du linge: il suffit d'avoir des panières séparées et un planning avec un jour de machines pour chacun. Les plus petits auront bien sûr besoin d'aide mais dès huit ans un enfant est parfaitement capable de gérer son linge sale tout seul (faire sa machine hebdomadaire, l'étendre, puis ranger son linge dans son armoire). C'est formateur pour tout le monde: les tâches ménagères font partie du homeschooling!


Les rendez-vous

Il n'y a pas tant de rendez-vous que ça!
Je groupe en début d'année les check-ups chez le généraliste, histoire de fusiller son bloc d'ordonnance en lui demandant dix mille certificats d'aptitude pour les uns et les autres. J'ai opté pour une banque en ligne joignable par téléphone à toute heure. Et pour tous les rendez-vous de "spécialistes" (ophtalmo, dentiste...) je groupe tout sur une ou deux journées pendant les vacances de mon mari... ou j'emmène toute la smala avec des livres sous le bras. Au final nous ne sommes pas dans les heures de sorties de classe, nous avons donc le temps de discuter avec des professionnels de toutes sortes: ça fait aussi partie de la vraie vie!

Et vous, quelles sont vos astuces? Les enfants participent-ils aux courses et au ménage? 

mercredi 14 décembre 2016

L'enfant malade et la scolarisation

Les petites maladies des enfants

En déscolarisant vos enfants vous espériez échapper aux microbes?  Désolée mais c'est loupé:entre les clubs sportifs et les diverses activités culturelles on n'échappe pas aux petites maladies. Les enfants non-sco font donc eux aussi leur immunité, même s'ils sont sûrement moins souvent malades que leurs homologues scolarisés. Mais lorsqu'un enfant est malade je n'hésite pas à lever le pied le temps qu'il se rétablisse. C'est l'un des gros avantages du homeschooling: la liberté de pouvoir s'arrêter.

Lorsqu'un enfant scolarisé rate une semaine d'école, la maîtresse n'attend pas: la classe continue sa progression. Chaque jour d'absence est donc un jour de travail à rattraper. Mais en homeschooling les enfants prennent le temps de se remettre sur pieds. Une fois guéris ils reprennent tranquillement à l'endroit exact où ils s'étaient arrêtés.

Les petites maladies des parents

Parent de petit homeschooler, ne rêve pas: ton enfant peut avoir la grippe, mais pas toi. Tu ne peux pas. Si tu flanches, tout flanche avec toi. Si tu étais tenté à l'idée de tomber malade, pense à l'état de ta maison après plusieurs jours d'alitement. Tu vois, ça va tout de suite beaucoup mieux! Sport, jus d'orange pressée au petit déjeuner, vie saine: pour assurer auprès des enfants commence par prendre soin de toi!

Mais si malgré toutes ces précautions ton corps, en bon scélérat, venait à te trahir: lève le pied. Comme tes enfants: prends le temps de te remettre. J'ai testé le homeschooling avec la grippe, parce qu'il fallait "avancer"... mais ce n'est pas franchement une expérience à renouveler. Tu es malade? Range les cahiers: je suis sûre que les petits ont justement besoin d'enrichir leur culture cinématographique!

L'hospitalisation d'un enfant non-scolarisé

J'ai appris, à l'occasion de l'hospitalisation d'un de mes enfants, l'existence de "l'école à l'hôpital". Comme un homeschooler averti en vaut deux, voici ce qui risque de vous arriver:

A peine arrivés dans le service pédiatrique, après une nuit épouvantable et alors que nous avions franchement d'autres soucis, nous avons reçu la visite d'une institutrice pour remplir une fiche de renseignements sur mon enfant: classe, établissement scolaire et nom de la maîtresse. Elle souhaitait organiser sa scolarisation à l'hôpital et m'informer qu'elle passerai chaque matin lui faire classe dans sa chambre jusqu'à ce qu'il puisse se déplacer pour aller en classe avec les autres enfants de l'hôpital. 


Et comme je sais à quel point vous adorez cette facette du homeschooling qui consiste à débattre, se justifier, argumenter et expliquer... je vous épargnerai le long débat qui a suivi: "comment ça il ne va pas à l'école?", "mais pourquoi?", "à l'hôpital en tout cas c'est gratuit et obligatoire", "mais enfin, nous sommes vendredi et l'école est obligatoire!", "il a peut-être passé une nuit blanche mais puisque je vous dit que j'ai l'accord du médecin pour le faire travailler!", "vous êtes bien la première à ne pas être contente", "vous êtes qualifiée pour ça?", "dans ce cas je lui ferai juste faire un petit test pour vérifier son niveau, vous pouvez nous laisser" ... 


Evidemment je n'ai pas laissé un enfant qui ne tenait même pas debout avec une inconnue pour faire des tests de niveau. Ça s'est fini avec un mot croisé débile sur les fruits, en ma présence, pour la "rassurer" sur ses capacités en lecture et en écriture et acheter -enfin!- notre tranquillité à tous les deux. Tranquillité obtenue après un nouveau petit débat sur le fait qu'à 7 ans il ne savait pas qu'un mot croisé se remplit en majuscules d'imprimerie et non en cursives.


Mais surprise: quelques jours après notre retour à la maison, soit une semaine avant les grandes vacances, j'ai reçu un appel étrange de l'inspection académique affirmant-à tort- que nous n'étions pas en règle étant donné que nous n'avions pas été inspectés durant l'année scolaire! Nous devions scolariser nos enfants pour les trois derniers jours d'école ou risquer une amende exorbitante. Sauf que... nous étions parfaitement en règle. Et nous ne sommes bien sûr pas responsables de l'absence de contrôle: c'est à l'académie d'y veiller, pas à nous. 
L'inspection académique a refusé de me dire comment ils avaient obtenu mon numéro de portable et pour cause: ils n'ont pu l'avoir que par l'intermédiaire de l'hôpital. Nous n'avons plus eu de nouvelles d'eux suite à cet étrange appel. 

Alors si d'aventure cela devait vous arriver sachez que non, en France l'école n'est pas plus obligatoire à l'hôpital qu'ailleurs. Vous avez le droit de continuer à assurer le homeschooling en milieu hospitalier, tout comme vous avez le droit de décréter que votre enfant peut lever le pied sur ses apprentissages le temps de guérir. Vous n'êtes pas non plus soumis au calendrier scolaire sous prétexte que l'enfant est hospitalisé: vous avez parfaitement le droit de le mettre en vacances mi-septembre ou encore de ne pas étudier un mardi.

Depuis quand inflige-t'on une telle pression aux enfants? Vous devriez pouvoir bénéficier d'un trimestre ou d'une année sabbatique le temps de remettre votre bout de chou sur pieds, sans subir la moindre pression. "Redoubler" pour guérir n'a absolument aucune importance. N'importe quel adulte hospitalisé a droit à un congé maladie, sans qu'on vienne le saouler avec des factures et des bilans: un enfant aussi a le droit de lever le pied!

L'école à l'hôpital est peut-être une chance pour certains enfants malades, mais contrairement à ce qui est écrit un peu partout elle n'est absolument pas obligatoire. Sachez aussi qu'à l'hôpital plus que n'importe où vous êtes vraiment attendus au tournant: tout ce qui sort de l'ordinaire en matière d'éducation est sujet à soupçons. Si vous réussissez à éviter d'aborder la question du homeschooling, faites-le! 

mardi 6 décembre 2016

École-maison: le bêtisier du jargon pédagogique

Voilà pas mal d'années maintenant que je baigne dans le vocabulaire du homeschooling en France.  Certes, en nous tenant à distance des écoles nous limitons les dégâts: svt, nap, eps, emc, rep... Les acronymes de l'éducation nationale c'est comme les compositions florales, ça marche toujours par trois. J'ai même récemment été interrogée par une amie instit sur ce que nous faisons en DDM ("mphm? ah! en géographie!").

Mais je ne peux que constater à quel point il ne suffit pas de ne pas scolariser ses enfants pour éviter le jargon façon éducation nationale.


IEF (oui, "l'ieuèfe") 

-Déjà ça ne veut rien dire. Ce n'est pas parce que l'enfant n'est pas scolarisé qu'il est forcément instruit par sa famille. Oui parce que Ief, comme chacun ne le sait pas, est l'acronyme d'instruction en famille. Et comme nous vivons dans un monde doté d'une créativité débridée en matière d'appellations il se trouve que c'est aussi celui de l'institut européen de formation, de l'institut d'électronique fondamentale, des industries en France, de l'institut européen de français, ... )


-ensuite "ief" c'est à peu près aussi glamour que le nom de la caisse de retraite de ma grand-mère. 



-et puis summum de l'horreur: à l'oral on commence à entendre "ieufeur" (personne qui pratique l'IEF) ou le verbe "ieufer" ("Un running demain matin? Nan, je peux pas, j'ieufe de 9h à midi").

Alors ici nous avons opté pour "homeschooling" tout simplement parce que c'est un terme que tout le monde comprend du premier coup et qui englobe toutes les façons de faire: du unschooling à l'école à la maison. Et quitte à choisir un terme francophone, j'opte sans hésiter pour l'appellation québécoise: vive l'école-maison! 

TPS, PS, MS, GS, cp, ce1, ce2, cm1, cm2, 6ème... , seconde, première, terminale

Mais quel cerveau malade a bidouillé un truc pareil?

Allez expliquer à un étranger notre système de classes: c'est incompréhensible! Ne cherchez plus d'où vient la surconsommation énergétique liée à internet, il suffit de voir le nombre de messages de parents totalement paumés dans les équivalences de classes France/étranger. 

N'importe quel pays sensé commence en "première" vers 6 ans (first grade), pour passer son bac en "douzième année". Mais en France on aime faire compliqué quand il suffirait de faire simple: les acronymes se succèdent en maternelle et en primaire, avant de passer à un système numérique décroissant (pourquoi décroissant?); système numérique qui sonne comme un mauvais cancer et finit en phase terminale. Mais terminale de quoi? Vous avez terminé quelque chose vous en terminale? Et est-ce que ça veut dire qu'un enfant qui part en apprentissage et donc bifurque sur une autre voie avant le lycée n'a pas "terminé"? En plus les appellations des classes de primaire ne correspondent même plus aux nouveaux cycles.



"Moi président", ma première action serait de faire sauter tout ce charabia digne du référentiel bondissant et de faire commencer l'apprentissage de la lecture en "première année". D'ailleurs je tire mon chapeau au premier cours par correspondance ou à la première école libre qui aura le courage de se libérer des noms de classe "éducation nationale".


La "maternelle"

Qui a eu l'idée d'appeler l'école des 2-6 ans "école maternelle"? En 2016 il n'y a pas plus absent des écoles que les mères. Dans certains établissements les parents n'ont même plus le droit de franchir le portail pour cause de vigipirate. Est-ce une recherche de substitution de la mère? Est-ce pour rassurer les parents? Est-ce parce qu'au fond on sait bien qu'ils sont trop petits pour se passer de papa/maman? Et puis pourquoi "maternelle"? Que dans une maternité on devienne mère, ça a du sens. Mais quel est le rapport entre l'école et les mères? Et puis si vous saviez le nombre de papas géniaux que j'ai croisés, qui assurent à fond dans l'instruction de leurs petits bouts, mon mari en tête! Sans parler du nombre d'instits masculins extras qui pourtant n'ont rien de "maternel".


A l'étranger on appelle ça:


-le jardin d'enfant (c'est autrement plus poétique non? Mais... ça ferait bizarre étant donné que nos cours et nos préaux bitumés n'ont plus grand chose à voir avec un jardin)

-ou l'école préparatoire (preschool). Sauf qu'en France, on aime s'instruire à l'envers. Alors notre classe préparatoire, celle qui devrait normalement "préparer à aller à l'école"... et bien c'est après la terminale. Vous savez, après cette classe qui fait que vous n'avez rien terminé du tout!


La "maternelle à la maison"

J'entends parfois "je fais la maternelle à la maison". Je l'ai même dit moi aussi. Ca ne veut rien dire non plus: l'enfant étudie à la maison, à la rigueur, on l'instruit en famille... 

J'ai aussi lu des débats houleux au sujet des enfants de moins de trois ans: "avant 3 ans ce n'est pas du homeschooling, c'est juste normal". Quelque chose change dans la tête des gens le premier septembre de l'année des trois ans de l'enfant. Un peu comme un yaourt à minuit une le jour de la date de péremption: désolée de vous l'apprendre mais en une minute, comme un vulgaire petit suisse, vous êtes passés de "normal" à "un peu louche". 


Mais amis louches, ieufeurs sachant ieufer et autres pros de la maternelle à la maison: chez les petits homeschoolers on vous aime quand même! 

samedi 29 octobre 2016

Pour discuter et se rencontrer autour du homeschooling: la liste des groupes à ne pas manquer!

A moins d'être très chanceux, peu d'entre nous côtoient beaucoup d'autres familles non-scolarisantes. L'éclatement géographique et le fait que nous sommes encore peu nombreux en France n'aide pas forcément à passer du temps entre "non-sco". Pourtant lorsque nous déscolarisons nos enfants nous rencontrons fatalement divers problèmes que seuls des parents ayant vécu la même situation peuvent comprendre.


Alors pour discuter, échanger, se réjouir ou même lâcher du lest, de nombreux groupes de discussion ont vu le jour ces dernières années sur Facebook. Voici la sélection des petits Homeschoolers:


Un groupe généraliste, avec plein d'infos et notamment un annuaire de tous les groupes régionaux:
Homeschooling, instruction en famille, école à la maison, le groupe!

Pour les familles qui font du formel:
IEF, échanges et partages sur le formel

Pour parler de unschooling:
Unschooling en France

Pour papoter autour de la pédagogie Charlotte Mason:
La pédagogie Charlotte Mason pour les francophones

Pour se plaindre, se réjouir, et décompresser les mauvais jours:
Bulle IEF

Et pour se retrouver un peu entre chrétiens non-sco, ça se passe du côté des
Chrétiens pour l'IEF!


Bon papotage à tous!

vendredi 17 juin 2016

6 idées pour que les dernières semaines d'école à la maison déchirent

Ces dernières années d'école à la maison nous avons essayé beaucoup de configurations différentes: les étés travaillés, les étés cools, les étés moitié-moitié… Cette année nous avons tous beaucoup travaillé, nous apprécierons tous de longues vacances sans cahiers, conjugaison, grammaire et opérations!

Quel que soit votre planning, si vous optez comme nous pour prendre quelques vacances estivales bien méritées, la fin est proche mes amis!


Voici quelques idées pour s'assurer que les dernières semaines d'instruction en famille déchirent:

-Travailler dehors

Notre chariot chaque matin prend désormais le chemin de la terrasse.
Travailler à l'ombre de la vigne est un pur bonheur. 

Le changement de cadre nous apaise tous beaucoup. C'est l'énorme avantage de l'école à la maison: pouvoir changer très facilement de lieu pour apprendre.
L'été permet de se saturer les tympans de chants d'oiseaux puis de rire du petit papillon qui vient se poser sur la copie; ce serait dommage de ne pas en profiter et de s'enfermer entre quatre murs!


-Organiser au moins une journée entière d'excursion

Ce sont les dernières semaines avant les vacances: les derniers jours de calme avant que la plage, les zoos ou même les musées ne soient littéralement envahis!
Nous comptons bien profiter de ce calme avant la tempête, et savourer la formidable liberté de pouvoir partir une journée entière en balade avec un panier de pique-nique!



-Préparer des olympiades en plein-air

Les enfants adorent les olympiades. 
Nous avons prévu des activités pour que chacun y trouve son bonheur (avec une petite compétition de karaté, un lancer d'anneaux, une course en sac... ou même un concours pour passer sous de toutes petites choses, pour que Bébé ait la joie de gagner au moins une fois!). 
Chacun a participé à l'élaboration du programme des festivités, qui dureront une semaine (un peu chaque jour!)



-Faire le bilan de l'année

Je pense:
-non seulement à ce qui n'a pas fonctionné, pour pouvoir remettre en question ma manière de fonctionner et tenter de m'améliorer l'année prochaine! 
-mais aussi à ce qui a fonctionné, parce qu'on a trop tendance à oublier, à la rentrée, toutes ces petites adaptations et ces bonnes résolutions qu'on avait mis du temps à appliquer mais qui avaient bien marché.


-Faire la fête!

Dans mes plus beaux souvenirs d'école, il y a bien sûr la kermesse. Ce moment de fête qui marquait la fin d'une longue année, où nous passions sur scène devant des parents au comble de la fierté, et où nous nous empiffrions de quatre-quart les doigts encore gluants de barbapapa.

Je crois qu'on peut aussi, avec l'école à la maison, célébrer une année entière de progrès. En suggérant par exemple aux enfants d'organiser eux-mêmes un petit spectacle et en faisant une soirée barbecue-brochettes de marshmallows.
Juste pour se dire combien on est heureux d'avoir passé l'année ensemble et d'avoir tant appris les uns des autres!


-Prévoir une VRAIE pause

Le homeschooling implique, malgré toutes les sorties et activités pratiquées, beaucoup de temps à la maison durant l'année.
Même si on ne peut pas forcément partir ailleurs en vacances, faire un vrai break est vraiment important. Il peut s'agir de quelques jours où l'on fait des choses vraiment différentes de d'habitude. Oublier les montres au fond d'un tiroir, voir des amis, passer des journées entières à bouquiner…
Bref, casser le rythme et sortir beaucoup pour mieux recharger les batteries!


Lire aussi: les préparatifs pour la rentrée des homeschoolers de niveau:

jeudi 2 juin 2016

Ecole à la maison: une liberté qui dérange?

Comme chaque année ou presque, l'école à la maison est attaquée. 


Dans les fourneaux cette fois-ci: 

-un projet de loi qui ambitionne purement et simplement d'éradiquer homeschooling et écoles hors contrat. Hop hop hop, tout le monde dans le public et dans le privé sous contrat, histoire d'avoir une chance de faire partie des 20% d'heureux élus à l'illettrisme et de garnir un peu plus les classes surchargées. Les profs apprécieront. L'idée parfaitement assumée est de lutter contre l'islamisme radical. Sachant que 100% des terroristes français sortaient de l'école publique et/ou de l'assistance publique, comme n'y ai je pas pensé plus tôt? Nous devons cette riche idée à Monsieur Eric Ciotti des Républicains. 

-et un projet de décret, sorti cette fois des cerveaux féconds du ministère de l'éducation nationale. Ce projet a pour but de modifier le code de l’éducation: « La recrudescence du nombre d’enfants instruits dans la famille témoigne de la nécessité d’améliorer le cadre juridique du contrôle existant. Le présent projet de décret a pour objet de modifier l’article D. 131-12 du code de l’éducation relatif au contrôle du contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements d’enseignement privés hors contrat. Il précise que l'acquisition des connaissances et compétences doit être progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun. ». Autrement dit: bye bye Montessori, Charlotte Mason, Singapour, unschooling et autres progressions alternatives. Tous les enfants seraient tenus de suivre les mêmes programmes, ceux de l'éducation nationale.



Mais pourquoi veut-on la peau de l'école à la maison et des petites écoles libres? 

Le nombre d'enfants déscolarisés aurait quadruplé en quatre ans, et si je m'exprime au conditionnel c'est tout simplement parce que les chiffres sont top secrets. Quant au hors contrat, avec près de 800 établissements, il explose! Face à une telle hémorragie l'éducation nationale pourrait peut être se demander pourquoi les familles préfèrent désormais se charger elles mêmes de l'éducation de leurs enfants. Comment se fait-il que malgré un budget pharaonique de plus de 88 milliards par an et malgré son apparente gratuité, l'éducation nationale séduise de moins en moins? L'école c'est facile, gratuit... pourquoi est ce que je m'embête, franchement? Malheureusement il est plus facile d'interdire les alternatives que de se poser ces bonnes questions et de changer en profondeur un mammouth système qui prend l'eau. 

Ces deux projets d'interdiction sont à l'éducation ce que le mur de Berlin était à la libre circulation: ce qu'on vous propose ne vous plaît pas? Vous aspirez à autre chose? Le plat officiel du parti vous donne de l'urticaire?  Taratata, cachez cette rébellion que nous ne saurions voir. De toute manière toutes les autres recettes sont désormais interdites: ouvrez grand la bouche, gobez, respirez. 


Homeschooling: la grande terreur


Les politiciens actuels semblent penser que le milieu familial est un "carcan" néfaste, et que l'enfant qui évolue en dehors du système scolaire est en danger. En somme: l'Etat assure à mort, les familles craignent. 

Alors oui, les familles abusives existent. Mais devons-nous pour autant partir du principe que le nouveau-né qui sort de la maternité pour rejoindre sa maison est en danger?

On ne pourra jamais tout contrôler: des enfants sont maltraités tous les jours, et la quasi totalité d'entre eux sont scolarisés. Quant aux violences à l'école, on en parle ou pas? 

Faire l'école à la maison, c'est un engagement personnel énorme, qui demande du temps, un sacrifice financier, et de nombreuses démarches. C'est tout, sauf le choix de la paresse et de la facilité: les parents qui se lancent dans cette aventure le font pour avoir des enfants instruits et épanouis. 

Par ailleurs entre les contrôles de la mairie et ceux de l'inspection académique, je suis désolée de vous l'apprendre mais si vous faites dormir votre neveu orphelin sous l'escalier-façon Pétunia Dursley-le pire moyen de ne pas attirer l'attention est de faire l'école à la maison. 

Concernant la peur de l'ignorance: que dire du fait que 20% des jeunes de 17 ans soient dépistés comme étant illettrés, aujourd'hui en France, durant leur journée d'appel à la défense? (étude réalisée grâce à l'analyse d'une page de programme TV) Tous ces jeunes là-qui ont été bien scolarisés pourtant-n'ont-ils pas été maintenus dans un état d'inculture? Qui s'en est soucié? (Télé-loisir devrait s'en soucier, cela dit)


La scolarisation obligatoire: l'instrument des états totalitaires. 

L'école est un droit formidable, et je soutiens de tout mon coeur les familles qui se battent pour que leurs enfants handicapés puissent y avoir accès (en passant, avant de forcer ceux qui ne veulent pas y aller à entrer dans les rangs, pourquoi ne pas commencer par faciliter la scolarisation de tous ceux qui sont un peu trop différents pour y être les bienvenus?)

Mais c'est un droit... pas une obligation, et je prie pour que cela le reste. L'école forcée est une arme, un outil de propagande massif: elle est le meilleur moyen pour un état de distiller ses idées auprès d'un jeune public malléable à souhait. Manuels scolaires et enseignants diffusent des contenus passés au travers du prisme idéologique: les enfants, encore dépourvus d'esprit critique, sont une manne pour les régimes totalitaires.

1930: l'URSS instaure l'école soviétique obligatoire: cette dernière se déclare idéologiquement antireligieuse et éducative sur le plan social et politique.


1938: en Allemagne, le régime national-socialiste instaure l'obligation scolaire, afin de s'assurer qu'aucun enfant n'échappe aux valeurs du parti. Pour soustraire davantage les élèves à l'influence de leurs familles, transmettre les idéologies en vigueur, favoriser égalité et "cohésion nationale", les Jeunesses hitlériennes créées en 1926 deviennent elles aussi obligatoires. Les jeunes allemands y passent leurs vacances et leurs soirées, après la journée d'école. La loi nazie sur l'école obligatoire est toujours en vigueur en Allemagne: les parents qui pratiquent l'école à la maison se font retirer la garde de leurs enfants.

2012: En Corée du Nord, Kim Jong-Un étend et renforce l'école obligatoire.

Sachant cela, je me pose quelques questions quant aux motivations des états qui souhaitent aujourd'hui rendre l'école obligatoire!

Ce que les pédagogies alternatives ont à offrir à la France

Ce qui fait la richesse d'un peuple, c'est sa diversité.
Nous sommes ce que notre éducation a fait de nous. Elle bâtit notre culture, notre manière de raisonner, et notre sens critique. L'école à la maison et les écoles hors contrat ont beaucoup à apporter, par leurs expériences et par leur différence.

Les enfants scolarisés dans les établissements sous-contrat étudient les mêmes programmes en même temps, dans des manuels validés par le ministère de l'éducation, et avec des professeurs qui sortent tous des mêmes facs et IUFM. Ils développent un système de pensée conforme à ce qu'on attend d'eux.

Mais pour progresser et avoir des idées nouvelles, nous avons besoin de gens hors du moule, de gens qui voient les choses sous un angle différent.

Les fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, sont de purs produits "Montessori", tout comme Anne Franck en son temps.

Et je pourrais faire un article entier rien que pour vous citer des noms de homeschoolers marquants: Albert Einstein, Charlie Chaplin, Beatrix Potter, Condoleezza Rice, Pierre Curie, Michael Faraday, George Washington, Agatha Christie, Jean d'Ormesson, Maud Fontenoy, Vincent Cassel, Soichiro Honda, Christopher Paolini (auteur d'Eragon), Louis Armstrong... ou encore Albert Schweitzer.

Le point commun entre toutes ces personnalités: un esprit novateur. Une conception des choses qui bouscule l'ordre pré-établi: un autre regard sur leur temps.
Pour sauver cette richesse, nous devrions au contraire encourager la création d'écoles hors contrat, comme le fait Anne Coffinier avec l'association Liberté scolaire, mais aussi soutenir les parents qui font le choix de l'instruction en famille.

Un état qui refuse que certains enfants évoluent en dehors de ses programmes éducatifs est un état qui se ferme aux idées nouvelles. 

C'est un état qui ne tolère plus la différence.