lundi 27 janvier 2014

L'enfant et l'ennui.

Je reçois de plus en plus de mails me demandant quelles activités j'organise pour parvenir à remplir 365 journées par an. Avec l'école à la maison, il est assez amusant de constater que ce sont souvent les mêmes questions qui reviennent, et après les interrogations sur la socialisation, viennent celles sur l'ennui… ou plutôt la hantise de l'ennui.

L'école à la maison ne nous prend que trois heures par jour, laissant énormément de temps libre l'après-midi. Durant ces demi-journées de liberté, il m'arrive souvent de ne rien organiser. 


Je pense que beaucoup d'enfants se plaignent d'un manque d'activités parce qu'on ne les laisse pas apprendre à s'ennuyer. Les moments d'ennui ne sont pas forcément une perte de temps; au contraire ils sont nécessaires pour apprendre à se poser et à réfléchir. 
Si je laisse volontiers les enfants "s'ennuyer", en revanche je veille toujours à ce qu'ils aient à leur disposition de quoi s'occuper par eux-mêmes de façon productive.


J'en ai fait les frais plusieurs fois, mais je persiste: ils ont toujours à disposition de la peinture, des pastels, des crayons de toutes sortes, des palettes d'aquarelle, des feuilles et cartons, une caisse d'instruments de musique, un baril de briques de lego, de la pâte à modeler… et surtout des montagnes de livres (A la maison, d'année en année les bibliothèques couvrent de plus en plus de murs, et je pense qu'il n'y en aura jamais assez). 

Les enfants peignent et lisent donc plusieurs heures par jour, librement. Dans le fond, je crois que c'est l'aspect de l'école à la maison qui me plaît le plus: cette débauche de temps libre pour lire et s'inventer des histoires.


Il ne s'agit pas de les laisser livrés à eux-mêmes sans rien à faire ou pire, végéter devant un écran de télévision. Il s'agit de veiller à ce que l'enfant soit suffisamment nourri intellectuellement -par ses rencontres, ses voyages (réels ou littéraires), ses découvertes culturelles- et qu'il ait assez de matière première à sa disposition pour apprendre de lui même à mettre son ennui à profit.

Et je ne cesse de m'émerveiller en constatant qu'une personne qui a appris à s'ennuyer trouvera toujours de quoi créer, pourvu qu'elle baigne toute entière dans un environnement aussi foisonnant que possible.

Pour le penseur et pour l'esprit inventif, l'ennui est ce « calme plat » de l'âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre les effets à part eux : voilà précisément ce que les natures inférieures n'arrivent absolument pas à obtenir d'elles-mêmes ! Chasser l'ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir.
Nietzsche. Le Gai Savoir.

samedi 25 janvier 2014

Nouveau projet de loi sur la scolarisation obligatoire.

Un nouveau projet de loi a été déposé au sénat afin de limiter l'instruction en famille à de rares cas de force majeure.
Aujourd'hui, si l'instruction est obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans, les parents français ont la liberté de choisir entre école sous contrat, école libre hors contrat, ou instruction "en famille" dispensée par la personne de leur choix (qu'il s'agisse d'un parent ou d'un précepteur).


Le coût de ce projet de loi 

Etant donné qu'une scolarité annuelle s'élève en moyenne à 7000€  par élève, ce projet de loi, s'il était adopté, coûterait au contribuable français la bagatelle de:
40 000 élèves supplémentaires x 7000€ = 280 millions d'euros… par an.

Sur dix ans, ce projet de loi sur la scolarisation obligatoire de tous les enfants de six à seize ans coûterait donc près de trois milliards d'euros.


Est-ce vraiment nécessaire?

Ce projet de loi stipule:
"L'un des buts de la scolarisation de l'enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge et de rendre son développement plus harmonieux."
Monsieur Portelli ne pourra pas citer la moindre étude permettant d'étayer son affirmation puisqu'il n'en existe aucune. Aucune étude n'a jamais dénoncé de troubles sociaux chez les enfants instruits en famille.
Seuls les Etats-Unis disposent de statistiques complètes et éclairantes: une fois adultes, les homeschoolers obtiennent en moyenne de meilleurs résultats en communication, socialisation, et maturité. Ils sont aussi plus impliqués dans la vie associative, font des études supérieures plus longues, ont une meilleure compréhension de la politique, et lisent davantage.


"(L'éducation à domicile par la famille) ne peut être le prétexte d'une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux."
Concernant le préjugé sur la motivation religieuse, une étude réalisée aux USA lors du recensement a démontré qu'elle était largement minoritaire, et que la principale raison poussant les familles à opter pour l'instruction en famille était le souci d'offrir une éducation de meilleure qualité à leurs enfants.

Je suis convaincue qu'une étude similaire, si elle était réalisée en France, donnerait exactement les mêmes résultats. Soyons clairs: je suis croyante, mais l'offre en France d'écoles confessionnelles est suffisamment large pour que la religion ne soit pas la raison de mon choix éducatif.

Agiter l'épouvantail consensuel des dérives sectaires, c'est méconnaître une donnée fondamentale: les familles non scolarisantes sont bien plus contrôlées que les familles scolarisantes et que les enseignants de l'éducation nationale.


La mairie effectue des contrôles au domicile tous les deux ans, afin de vérifier les motivations des parents ainsi que le cadre de vie de l'enfant; et un second contrôle annuel est réalisé par un inspecteur d'académie, afin de s'assurer que l'enfant bénéficie d'une instruction suffisante.

A titre comparatif, les enseignants de l'éducation nationale ne sont inspectés que tous les cinq ans en moyenne. Ils sont même en droit de refuser d'être inspectés: c'est facultatif.
Les familles scolarisantes quant à elles ne le sont jamais, sauf signalement.

Et l'école?

Si de plus en plus de parents font le choix de déscolariser leurs enfants, c'est aussi parce que grâce aux classements internationaux l'éducation nationale française ne peut plus nier ses mauvais résultats.

Plutôt que de débourser 280 millions d'euros annuels pour scolariser de force les enfants qui sont actuellement instruits en famille avec succès… pourquoi ne pas concentrer les efforts sur l'urgence de la refondation de l'école?

Il y a fort à faire pour redonner le goût d'apprendre aux élèves, pour atténuer le déterminisme social renforcé par l'école, et pour moderniser les pratiques éducatives.

L'urgence est là: elle n'est pas dans la répression idéologique mais dans l'action.


Pour agir, une pétition contre ce projet de loi est actuellement en circulation. La signer et la diffuser, c'est montrer que nous tenons à un droit que nous avons toujours eu en France: la liberté de choisir l'instruction que nous pensons être la meilleure pour nous enfants.

lire aussi: faut-il interdire l'école à la maison?

vendredi 24 janvier 2014

école à la maison et inspection

C'est notre troisième année d'école à la maison, mais c'est la première année que j'ai un enfant en âge d'obligation d'instruction.
Et nous n'avons pas échappé au premier contrôle, cette après-midi, par une inspectrice de l'éducation nationale. J'avais assez peu d'inquiétudes: mon fils a un an d'avance, et un très bon niveau par rapport à ce qui se fait dans les écoles.

L'inspection


Avec plus d'une heure de retard, "parce que la secrétaire état malade et qu'elle n'avait pas transmis le rendez-vous" (Nul doute, j'ai bien affaire à l'éducation nationale, fidèle à elle-même, me voici rassurée), une charmante inspectrice s'est présentée à notre domicile.

De nombreuses questions sur les raisons pour lesquelles nous avons fait ce choix ont précédé un examen minutieux, matière par matière, du contenu des cahiers et livres de mon petit garçon.

Beaucoup de questions sur ses loisirs, ses activités "extra-scolaires", s'il a une chambre individuelle ou pas, s'il participe aux corvées, ce qu'il lit, mon niveau d'études et leur consistance, la profession de mon mari, nos différentes résidences, les prénoms et âges des frères et sœurs, les activités de la fratrie, le déroulement de mon planning hebdomadaire, s'il fait bien de la musique et un sport collectif, s'il fait bien de la généalogie (!), l'implication de mon mari dans la famille, quelles sorties pédagogiques nous faisons, quels outils informatiques nous avons, à quelle association de défense de l'ief j'adhère, si j'élève des animaux, si je côtoie d'autres familles Ief, si je suis active dans une association,…
Le tout soigneusement consigné au fur et à mesure par informatique.

Nous avons des cours par correspondance, la loi voudrait donc que l'inspection se limite à la seule vérification que c'est bien mon fils qui remplit ses devoirs.

J'ai donc à plusieurs reprises fait part de mon etonnement face à un questionnaire aussi intrusif. L'inspectrice m'a néanmoins affirmé, dans la continuité des courriers qui l'ont précédée, ne faire aucune distinction entre école à la maison et instruction en famille. Nous avons donc eu le même examen que les familles faisant l'instruction en famille sans cours par correspondance.

Une inspection qui s'est bien déroulée, avec toutefois pas mal de critiques formulées devant mon enfant, sur un contenu jugé "trop dense", "trop rigoureux", des mathématiques pas assez manuelles… Beaucoup de suggestions également sur la manière de faire l'éducation civique, sur l'importance de l'anglais, sur comment ils procèdent à l'école…

Le bilan

Je suis assez mitigée.

Je suis très fière de mon enfant qui ne s'est pas du tout démonté, et qui a répondu calmement aux différentes questions alors qu'il était à 7ans à peine en situation d'examen face à une personne inconnue.

Je regrette cependant de ne pas avoir été plus ferme sur le fait qu'elle venait simplement vérifier que mon fils bénéficiait bien d'une instruction et non pas passer toute son éducation au tamis.
J'apprécie les critiques, elles font avancer.
Mais je ne pense pas qu'il soit acceptable que l'on remette en cause devant mon enfant les méthodes et la pédagogie que j'ai choisies.

Et les enfants scolarisés? 

Je ne trouve pas normal que l'éducation nationale m'impose une obligation de résultat qu'elle ne s'impose pas à elle-même.

Je suis pour les contrôles.
Ils me semble normal de vérifier une fois de temps en temps qu'aucun enfant n'est maintenu dans un état d'ignorance ou de dérive sectaire.

Mais dans ce cas pourquoi s'arrêter aux enfants non-scolarisés?

Dans le cadre scolaire, les inspecteurs évaluent les professeurs, pas les élèves. Si un professeur est mauvais il ne sera pas pour autant retiré et remplacé en cours d'année. Le mauvais prof est un sujet tabou, la plupart continueront à sévir jusqu'à la retraite sans être inquiétés.

Mais alors qui évalue les enfants scolarisés?
Les enseignants se sont toujours majoritairement opposés aux évaluations de leurs élèves; certains réclamant encore plus d'anonymat, d'autres refusant même carrément de faire réaliser les évaluations nationales.
Résultat, quatre écoliers sur dix arrivent en sixième avec de graves lacunes. Aucun inspecteur ne le tolèrerait d'un homeschooler. Et pourtant, pour un enfant scolarisé, ça n'affole personne.

mercredi 22 janvier 2014

Voyage en Angleterre: les mots-croisés à imprimer.

Comme tous les enfants, les miens sont joueurs.
Tout passe, pourvu que ce soit amusant. 
Toujours dans le cadre de notre vrai-faux voyage autour du monde, j'ai imaginé cette grille de mots-croisés pour mon aîné de 7ans. 
C'est réalisable de manière autonome: toutes les réponses se trouvent dans le fichier d'activités sur l'Angleterre



mercredi 1 janvier 2014

Club voyage autour du monde en Angleterre: fichier à imprimer.

Le club voyage autour du monde nous comble en nous emmenant ce mois-ci en Angleterre. L'année commencera donc pour nous au son des Beatles, et j'en profite pour vous souhaiter à tous, de tout coeur, a happy new Year!

Notre support est prêt pour le voyage imaginaire: le fichier, d'une vingtaine de pages, nous transportera outre-Manche à la découverte de la Famille Royale, de Richard Coeur de Lion, de Peter Pan, des célèbres Breakfasts… sans oublier Alice, Shakespeare, le tea time ou encore le rugby…
Je l'ai conçu pour mes enfants de 3, 5 et 7 ans, en sachant que la petite coloriera et écoutera surtout les histoires, et que pour mon grand cela servira surtout de trame pour ses propres lectures. 

Le fichier est protégé par les droits d'auteur; merci d'avance de ne pas le partager sans faire de lien vers ce site

Enjoy your trip! 

Fichier en vente sur Comptoir des Cours

Plus de fichiers à imprimer:

mardi 17 décembre 2013

La pédagogie Charlotte Mason et les enfants Asperger.

La plupart des enfants Asperger n'a pas de problème avec les matières purement scolaires, surtout avec l'école à la maison qui lui permet d'aller à son rythme.
Mais à quoi bon dévorer les programmes et assimiler toujours plus de connaissances, si l'on ne développe pas en parallèle ses compétences sociales?
Vous pouvez-être aussi bon que vous voulez, on ne viendra pas vous chercher. Dans le monde actuel il faut savoir "se vendre": connaître les codes sociaux, savoir quoi dire et quand le dire, et développer son répertoire relationnel. On se fiche de votre cause si vous ne savez pas la défendre.

Toutes ces compétences sociales, souvent naturelles, sont très difficiles à acquérir pour les personnes qui vivent avec le syndrome d'Asperger.


Le bain culturel

La pédagogie Charlotte Mason part du principe que les matières "classiques" (le français, les mathématiques, l'histoire…) doivent être aussi souvent que possible enveloppées d'histoires, de contexte. Il n'existe à ma connaissance aucune pédagogie qui insiste à ce point sur l'importance de l'environnement culturel.
Les "living books", ces petits livres inspirants que Mason encourage à utiliser le plus souvent possible pour toutes les matières, aident ces enfants à se raccrocher à une histoire et à des comportements. Dans la pratique, ça signifie étudier la géographie à travers des guides de voyage et des récits d'explorateurs; ou encore étudier l'histoire à travers la littérature.
Non seulement c'est fun, mais surtout ça leur fournit des modèles comportementaux sur un plateau.
Ce bain culturel les aide aussi à diversifier leurs centres d'intérêts, trop souvent focalisés sur un seul et même sujet à la fois.
-> L'enfant Asperger a souvent des difficultés pour saisir les comparaisons et métaphores: il est nécessaire d'y passer plus de temps, et de s'arrêter sur chacune pour les expliquer.

La narration

Les parents d'enfants Asperger connaissent bien le problème: la plupart peuvent parler durant des heures d'un même sujet… celui qui les passionne sur le moment! Mais dès qu'il s'agit d'avoir une réelle conversation et de les faire parler d'autre chose, ça peut vite devenir la croix et la bannière.

Chez Mason, la narration a un rôle crucial: il faut encourager l'enfant à raconter ce qu'il voit, écoute, vit et lit. 
C'est un exercice excellent non seulement pour les enfants Asperger, mais aussi pour tous les enfants "dys", parce qu'il pose les bases de l'écriture et qu'il les pousse à se concentrer sur un sujet en particulier. Cette narration quotidienne ouvre l'horizon du vocabulaire, et libère la prise de parole. C'est aussi l'occasion, avec un enfant Asperger, d'insister sur le regard et de travailler sur le contact visuel trop souvent fuyant.

Le "théâtre de la vie"

Chez Mason, l'apprentissage d'un comportement social adapté aux différentes situations se fait grâce à la littérature. Et plutôt que de travailler sur toutes les règles de savoir-vivre en même temps, elle propose de ne travailler que sur un point à la fois.
En gardant cette idée d' "une chose à la fois", on peut proposer à l'enfant de faire des jeux de rôles. Imitez par exemple un autre enfant qui vient se présenter à lui, et apprenez-lui à faire l'effort de retenir son prénom, à répondre aux questions et surtout à les retourner.

Ou bien amusez-vous à faire des quizz sur ce qu'on peut dire ou ne pas dire, quitte à tomber dans le caricatural. Vous serez surpris de voir que pour un enfant Asperger, ce n'est pas évident. Il va devoir apprendre chaque cas particulier par coeur.
Par exemple:
-Un enfant est tombé, il saigne, et son papa ne l'a pas vu: faut-il le prévenir? 
OUI, c'est une urgence. 
-Un enfant a une énorme pustule sur le visage, faut-il prévenir son papa? 
NON, ce n'est pas une urgence, et cela pourrait peiner le papa. 
-Une dame fait tomber son manteau dans la rue, faut-il la prévenir? 
OUI, pour l'aider à le récupérer
-Une dame a un horrible manteau, faut-il la prévenir? 
NON, elle a le droit d'avoir d'autres goûts,et critiquer son manteau pourrait la peiner.
-…

L'expression écrite

Ici c'est très difficile, et je me heurte à un mur avec le manuel d'expression écrite de notre cours par correspondance. 
Faire imaginer et écrire une histoire à un enfant qui a déjà des difficultés orales… est très difficile, surtout lorsque le sujet donné n'a rien à voir avec ce qui l'intéresse. 
Faire des pages d'opérations ou d'analyses grammaticales est souvent un jeu pour un enfant Asperger. Mais répondre à des questions du style "Que pense le petit garçon sur l'image? Qu'a t'il envie de faire?" est un vrai problème. 
J'essaie de capter son attention en utilisant les sujets qu'il aime. La rédaction hebdomadaire d'un petit "journal à compléter" l'aide beaucoup à structurer son discours.
Nous allons également tenter de partir d'images liées à ses centres d'intérêts du moment.

L'art

De nombreux enfants Asperger s'épanouissent artistiquement. C'est aussi souvent le cas pour les enfants dyslexiques. La pratique quotidienne de la danse, du dessin, d'un instrument de musique ou encore de la peinture peuvent aider l'enfant à s'épanouir et à s'exprimer différemment

Le temps en extérieur

Beaucoup deviennent très "casaniers", et  préfèrent le confort d'une chambre connue et rassurante. L'extérieur, avec tout ce qu'il a d'imprévu, peut être l'objet d'une terrible angoisse. 
Dans la pédagogie Charlotte Mason, l'enfant passe plusieurs heures dehors, à observer la nature ou à se défouler. Encourager mon fils à sortir tous les jours est une habitude qui a été très difficile à instaurer, mais je pense qu'elle en vaut largement la peine.
Ce n'est pas seulement une aide, c'est un réel besoin pour les enfants Asperger: être en extérieur les aide à canaliser leur énergie, à calmer leurs angoisses, et à s'habituer à l'imprévu

Le sport en collectivité

Il fait partie des trois à six heures de temps en extérieur recommandées par Mason. Le sport est essentiel pour les aider à coordonner leurs mouvements-chose souvent laborieuse-, et à faire partie d'un groupe avec des règles définies. 
C'est aussi un bon moyen d'être en collectivité tout en ayant quelque chose de précis à faire: courir après un ballon par exemple, ou encore faire un parcours de gymnastique. Les connexions sociales se créent ainsi par le jeu, autour d'un objectif et d'un intérêt commun; sans pression.


Tous les articles sur la pédagogie Charlotte Mason:



vendredi 13 décembre 2013

Le Pôle Nord: comment les ours polaires survivent-ils au froid?

Dans le cadre de notre expédition imaginaire au Pôle Nord avec le club voyage autour du monde, nous avons fait une petite expérience bien amusante aujourd'hui: après avoir fabriqué une petite banquise et observé sa flottaison, nous avons enrobé notre main dans de la graisse pour comprendre comment les animaux polaires survivent aux températures arctiques.

L'expérience fait partie du fichier d'activités sur le Pôle Nord.


Mais la graisse ne fait pas tout: les ours polaires ont aussi une épaisse fourrure, qui les aide à conserver leur chaleur corporelle. De cela aussi nous avons fait l'expérience: la main enveloppée de fourrure en peluche, nous nous sommes aventurés… dans le congélateur!


mardi 10 décembre 2013

Comment avoir des enfants sages.

J'ai reçu cette semaine une question que j'ai trouvée géniale: "comment fais-tu pour que la troisième peigne sans re-décorer les murs et que ton bébé patouille et fasse de la pâte à modeler sans incruster le tout dans le sol, les chaussures, etc et n'aille pas peindre avec sa soeur ?"


J'allais répondre que l'essentiel est de les maintenir tous occupés, et de naviguer d'un enfant à l'autre pour leur donner toujours de quoi faire. 

Et puis… il s'est passé ça. La rencontre d'une petite fille un peu trop silencieuse dans la salle de jeux, d'une maman occupée, et d'un pastel discrètement subtilisé dans la cuisine. Ou comment rompre joyeusement la monotonie d'un mur immaculé:



Dans la foulée, dimanche, lors de la messe, mes quatre enfants ont chahuté. Je reste toujours au fond avec eux pour qu'ils dérangent le moins possible, mais je dois avouer que les dernières minutes leur ont semblé bien longues.

Je crois qu'il n'est pas une mère qui n'ait jamais vécu ce lourd moment de solitude: maintenir silencieuse une progéniture à bout de patience, tout en restant droite sous la mitraille des regards obscurs.
L'heure achevée, soulagée de prendre le chemin de la sortie, je ne me suis pas éclipsée assez vite: une horde de personnes âgées m'est tombée dessus:
"On fait garder ses enfants pendant la messe, Madame", "Ne voyez-vous pas qu'ils dérangent?", "Vous n'êtes pas gênée qu'ils fassent du bruit?", "Mais à quoi la garderie sert-elle?". 
C'était à la messe, mais ça aurait pu être n'importe où. 

Les enfants n'ont plus leur place dans le monde actuel. On ne tolère plus ni leurs bêtises, ni leur chahut. Ils doivent être "à part": dans des garderies, à l'école… ils doivent rester entre eux, et ne pas "déranger". 

L'enfant est une personne

Nous devons cette idée à Maria Montessori ou encore Charlotte Mason.
Malheureusement, c'est trop souvent mal compris. L'enfant est une personne, qui mérite respect et attention. Il n'est pas pour autant un adulte miniature: la sagesse, le calme, la maîtrise de soi ou encore la patience s'acquièrent avec les années. 
En attendant qu'il s'assagisse, il fera mille bêtises. Et tant mieux! Il tâtonne, découvre, cherche les limites, se défoule, s'amuse d'un rien… 
Faut-il, en attendant qu'il devienne raisonnable, le mettre à l'écart? 

L'exemple scandinave

J'ai voyagé avec les enfants en Islande, Suède et Norvège. 
La fessée y est interdite. 
Mais ce qu'on dit moins souvent c'est qu'il est infiniment plus facile d'être un parent suédois que d'être un parent français. 
La pression n'est pas comparable. Les lieux publics y sont tous adaptés aux enfants: vous avez des bacs de jouets partout, et le moindre snack a quelques feutres et un carnet à prêter aux petits pour les occuper. Tout est fait pour que tout le monde se sente bien et vive ensemble: les personnes âgées, les adultes, les enfants…
Les cris, le chahut, font partie du décor, parce que les enfants font partie de ce décor. Ils sont acceptés comme ils sont; et un enfant qui ne bouge pas, c'est ça qui est inquiétant. 

Supporter les bêtises

Devenir parent, c'est très vite se rendre compte qu'on ne maîtrise pas tout. 
Partant du constat qu'un enfant peut vite se transformer en tornade, vous avez plusieurs options: 

-les mettre à l'écart pour qu'ils ne "dérangent pas". Mais je suis de ceux qui pensent qu'on apprend à devenir adulte dans le monde réel, entouré de personnes de tous âges, et non parqué dans des collectivités "entre enfants". 
-toujours être derrière eux, pour les empêcher de "déborder". Ca marche un temps, mais qui supporterait d'avoir quelqu'un toujours sur son dos?
-ou choisir d'accepter leurs bêtises. Passer derrière, prendre son mal en patience, leur demander de réparer quand c'est possible, leur apprendre à présenter leurs excuses, montrer l'exemple soi-même… expliquer inlassablement que si les hommes des cavernes dessinaient sur les murs c'est parce qu'ils n'avaient pas cette merveilleuse chose qu'est le papier… 

C'est parfois usant. 
C'est souvent décourageant. 
Et oui, cette semaine j'ai repeint un mur, et ça ne sera sûrement pas le dernier. 
J'ai été très en colère, mais les pots de crayons, la peinture et la pâte à modeler resteront toujours à leur portée dans la cuisine. Les bêtises sont inévitables, et surtout elles font grandir. 
Un enfant trop sage est un enfant qui n'ose pas, qui a peur, ou auquel on ne donne pas suffisamment les moyens d'essayer. 

dimanche 8 décembre 2013

Horizontal et vertical

Un affichage tout simple dans la "homeschool room", pour aider les enfants à mémoriser le sens d'horizontal et celui de vertical.


L'affichage est téléchargeable ici:




dimanche 1 décembre 2013

Premier dimanche...

Premier dimanche de l'avent.
Les petits Homeschoolers vous souhaitent un mois de décembre enchanté. 

Ferm living

samedi 30 novembre 2013

Education en France: la grande injustice

Aujourd'hui j'ai été choquée, j'ai ri, j'ai compati: comme bon nombre de parents homeschoolers, j'ai visionné le long pamphlet d'Eric, papa des Herbes Folles. 

Il y a quelques semaines, j'écrivais dans "Faut-il interdire l'école à la maison?" sur un droit de plus en plus fragile: celui de choisir l'instruction donnée à nos enfants.
Eric va plus loin, tout en restant très juste:
-Oui, aujourd'hui en France les familles non-scolarisantes sont stigmatisées.
-Oui, certaines subissent des pressions démesurées de la part de l'éducation nationale.
-Oui, nous avons une obligation de résultat, alors que l'éducation nationale ne s'en impose aucune.
-Oui le système scolaire français est mauvais (ce que le ministre de l'éducation Vincent Peillon est le premier à  confesser, qualifiant le niveau de "dramatique").

Mais surtout: OUI, un autre système est possible.

Steve Jobs et l'éducation: un autre regard. 

Dans sa biographie, écrite par Walter Isaacson, Jobs n'est pas tendre avec les syndicats, qu'il accuse de paralyser le système éducatif. Il est stupéfiant de voir à quel point le problème est identique en France, si ce n'est pire:
"Le problème ce sont les syndicats. Si vous tracez côte-à-côte la croissance de l’AEN [National Education Association, un syndicat d'enseignants] et les résultats aux tests SAT des étudiants, vous remarquerez qu’ils sont inversement proportionnels. (…)Le problème, c’est la bureaucratie. 
Je suis une de ces personnes qui croient que la meilleure chose que nous puissions faire est de mettre en place un système de bons scolaires ou chèques-éducation."
"J’ai une fille de 17 ans qui est allée dans une école privée pendant quelques années avant l’école secondaire. Cette école privée est la meilleure école que j’ai vue de ma vie. Elle a été classée parmi les 100 meilleures écoles en Amérique. C’était phénoménal. La scolarité coûtait 5500 $ par année, ce qui est beaucoup d’argent pour la plupart des parents. Mais les enseignants étaient moins bien payés que ceux des écoles publiques — il ne s’agit donc pas d’une question de rémunération des enseignants. 
J’ai demandé au trésorier de l’État (ministre des Finances de Californie) ce que la Californie payait en moyenne cette année-là pour scolariser un enfant, et je crois que c’était 4400 $. S’il est vrai que peu de parents peuvent se permettre de payer 5500 $ par an, nombreux sont ceux qui pourraient se permettre de payer 1000 $ par année.
Si nous donnions des chèques-éducation à chaque parent de 4400 $ par an (et par enfant), on verrait surgir des écoles de tous bords. Les gens diraient : « Démarrons une école ! » On pourrait même avoir une filière à l’université de Stanford au sein du programme de MBA sur comment être un patron d’école. Et ce gestionnaire pourrait se joindre à d’autres personnes, et ils fonderaient une école. Vous auriez de jeunes idéalistes qui lanceraient des
écoles et travailleraient pour trois fois rien. 
Ils le feraient parce qu’ils seraient en mesure de décider du programme. Quand vous avez des enfants, vous vous dites, « qu’est-ce que je veux vraiment qu’ils apprennent ? » La plupart des choses qu’ils étudient à l’école sont complètement inutiles. Alors que vous n’apprenez d’autres choses, incroyablement précieuses, que nettement plus tard — mais là on pourrait les enseigner aux enfants quand ils sont jeunes. Et vous commencez à vous dire : « Que ferais-je si je devais décider du programme d’une école ? »
Bon dieu ! Comme cela serait passionnant ! 
Mais vous ne pouvez pas le faire aujourd’hui. Vous seriez fou de travailler dans une école de nos jours. Vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez. Vous ne pouvez pas choisir vos manuels, votre programme. Vous ne pouvez enseigner qu’un domaine pointu. Qui voudrait jamais faire ça ?"

Ce que coûte l'éducation nationale 

Si -selon son gouverneur- la Californie débourse annuellement 4400$ par élève, la France est nettement moins économe, et y consacre un tout autre budget: plus de 6 000€ par an et par enfant scolarisé en école élémentaire (et plus de 11 000€ par lycéen).

L'éducation nationale est un gouffre de plus de 140 milliards d'euros par an.  SOURCE
Troisième pays le plus dépensier en matière d'éducation par rapport à son PIB… la France est à la 14ème place aux classements internationaux PISA, et craint ces jours-ci de dégringoler plus encore.
C'est un exemple type de "retour sur investissement catastrophique".

Ecoles hors contrat et école à la maison: la grande économie. 

L'école à la maison 
En faisant l'école à la maison, notre famille de quatre enfants fait économiser chaque année à l'Etat
4 x 6000€= 24 000€
Par nos impôts, nous finançons l'éducation nationale-qui n'est pas obligatoire et que nos enfants ne fréquentent pas. Et nous avons de nombreux frais entièrement à notre charge: cours par correspondance, matériel, fournitures…
Les familles qui choisissent l'instruction en famille ne touchent pas l'allocation de rentrée (pourtant elles ont les mêmes frais de fournitures que les familles scolarisantes).

Pour l'Etat, l'école à la maison est une manne. Pour les homeschoolers en revanche, la situation est totalement injuste.


Les écoles hors-contrat
Elles obtiennent de meilleurs résultats que l'éducation nationale, et proposent tout un éventail d'offres pédagogiques adaptées à chaque enfant... avec moins d'argent.
"Comme une entreprise privée est plus performante qu'une entreprise publique, déclare la normalienne et énarque Anne coffinier,  elles sont gérées de manière plus performante".
Ces écoles "libres" sont en plein croissance, on en recense plus de 500 en France.
Inégalité croissante: aujourd'hui, en l'absence de chèques éducation, seules les familles aisées peuvent s'offrir le luxe d'une école libre.


Privatiser  l'éducation, et instaurer un système de chèques éducation pour permettre aux parents de choisir l'instruction qu'ils veulent pour leurs enfants est possible.
La Suède, le Chili, les Etats-Unis et l'Angleterre l'ont fait, à différents degrés. Partout, le même succès: dépenses publiques plus faibles, meilleurs résultats des élèves. Et contre toute attente, les élèves issus des milieux défavorisés sont les premiers bénéficiaires.

 La diversité est une richesse. On peut l'encourager en soutenant le homeschooling, les écoles libres, et la création de chèques éducation.

mardi 26 novembre 2013

Club voyage autour du monde au pôle Nord

Comme les précédents dossiers, je l'ai réalisé pour mes propres enfants de 3, 5 et 6ans. J'ai voulu qu'il soit beau, inspirant, et ludique;

Jamais un fichier d'activités ne m'avait pris autant de temps en recherches! Les contrées arctiques sont fascinantes: ça a été un régal et je me réjouis à l'idée de ce voyage imaginaire avec les enfants.

Les 23 pages ne permettent pas d'être exhaustif; j'espère par exemple aborder les baleines dans une fiche qui viendra séparément.

samedi 23 novembre 2013

Ecole à la maison et applications éducatives sur Ipad

Je ne pense pas qu'il faille à tout prix une "numérisation" de l'éducation. J'ai perdu suffisamment d'heures à l'école à apprendre à sauvegarder des données sur disquettes dans une "salle multimédia", pour croire que les "cours d'informatique" soient profitables aux enfants.

Mais aujourd'hui l'iPad est un outil fantastique, que nous essayons d'exploiter au mieux

Je veux que les enfants sachent évoluer avec leur temps: qu'ils apprennent à tirer le meilleur parti des technologies qui les entourent, tout en sachant qu'elles sont en perpétuelle évolution.
Je veux aussi qu'ils apprennent à gérer intelligemment la surabondance d'informations auxquelles ils ont accès: apprendre à aller chercher ce dont ils ont besoin, sans se laisser "happer" par la masse de données et de distractions dont internet regorge.


Voici quelques applications que j'utilise au quotidien avec mes petits homeschoolers:

Google!

La plus grosse différence entre l'enfant du 21ème siècle et ses ascendants, est que le premier a beaucoup plus de mal à se contenter d'un "Je ne sais pas" comme réponse à ses interrogations. 
Si j'ignore une réponse, la question suivante est systématiquement "Tu veux bien regarder sur internet s'il te plaît?". 
Cette génération a très bien intégré qu'elle a un accès presque permanent à l'information: à nous de nous adapter et de les guider intelligemment dans cette recherche de réponses. 

Et comme j'ai des enfants curieux, qui passent la journée à me faire contempler l'étendue de tout ce que j'ignore encore… google est un allié énorme. 

Google images est aussi un moyen rapide d'illustrer en quelques secondes ce qu'est la "botte de foin" de la dictée (#HomeschoolersCitadins).

Drawing box et Penultimate

Ce sont les ardoises.
Pour les adultes et les plus grands ce sont les brouillons si rapides à effacer et à organiser.
Elles permettent aux plus petits de comprendre le sens de l'écriture et de tracer leurs premières lettres avec le doigt pour seul outil, comme dans un bac de sable.

Les nombres "Montessori"

L'appli est malheureusement payante, et n'a de Maria Montessori que le nom... mais je la trouve très bien faite. Elle est très visuelle, aide l'enfant à comprendre la notion de quantité, puis elle permet d'apprendre à jongler avec unités, dizaines et centaines de manière très concrète. C'est un "plus" ludique. 

La dictée "Montessori". 

Si vous avez passé des heures à jouer avec la cultissime dictée magique quand vous étiez petits, vous serez ravis de présenter cette appli à vos enfants. La bonne nouvelle: le son électronique a disparu au profit d'une voix féminine agréable, les images sont explicites, plusieurs niveaux de difficulté aident l'enfant à progresser, et on peut choisir de travailler sur une difficulté spécifique (le son "c" par exemple). 
Ca ne remplace pas la dictée traditionnelle, c'est plutôt une activité fun qui prend l'orthographe côté jeu. 

My script calculator

Vous écrivez l'opération avec le doigt, l'application reconnaît les chiffres et symboles que vous avez tracés, et complète l'opération. 
Je m'en sers soit pour vérifier plus rapidement les opérations de mon grand, soit pour le laisser les vérifier lui même. Ce n'est pas un substitut au calcul mental car rien ne remplace la gymnastique de l'esprit surtout en primaire: nous nous en servons comme d'un outil de correction. 

Pour les plus jeunes, c'est une motivation: ils tracent un chiffre avec le doigt, si l'application le reconnait, c'est qu'ils l'ont correctement tracé. Sinon ils recommencent. 

Google maps: 

C'est le partenaire de nos cours de géographie. Nous y découvrons des montagnes, des rivières, des déserts, et autres merveilles du Monde. Vous saviez qu'on peut visiter un A380 avec streetview? Et que l'on peut se promener dans le Grand Canyon, ou encore évoluer au milieu des otaries des Galapagos

itube list

L'application vous permet en tant que parent de présélectionner des listes de vidéos. Une fois dans l'appui, les enfants n'ont accès qu'aux vidéos que vous avez validées.Très pratique pour il était une fois l'homme, les découvreur, il était une fois la vie, c'est pas sorcier, mais aussi pour artzooka ou encore Cbeebies Bedtime stories et English time songs. 


L'appli Kindle

La bibliothèque kindle s'enrichit chaque jour d'ebooks pour enfant, dont certains sont gratuits (Le Petit Nicolas par exemple, ou encore Lila et le bateau mystérieux). 


Et pour les grands homeschoolers (ceux qui ne veulent jamais cesser d'apprendre), The Elements, History Maps of the World, Gallica et Visible Body sont de pures merveilles. 

jeudi 21 novembre 2013

La pédagogie Charlotte Mason et l'école à la maison.

Plus je lis Charlotte Mason, plus j'aime sa vision de l'éducation. Très populaire dans les pays anglophones, elle reste assez méconnue en France, faute d'ouvrages traduits.
"Home education" est pourtant souvent considéré comme étant la Bible du Homeschooling.


L'enseignante britannique, convaincue que les parents peuvent fournir aux enfants une instruction de grande qualité en suivant des préceptes simples , était contemporaine de Maria Montessori, dont elle a vivement critiqué les méthodes.
Une lettre adressée au Times ne laisse aucun doute sur ce que Mason pensait de Montessori, et notamment sur les exercices de vie sensorielle, qu'elle trouvait désastreux parce qu'ils sont "uniquement scientifiques", centrés sur un matériel "sec": dépourvus de valeur morale, esthétique ou encore inspirante.

Selon elle, la pédagogie Montessori omet une chose essentielle: la nourriture de l'esprit, aussi vitale chez le jeune enfant que la nourriture du corps.

Pour Charlotte l'éducation est une atmosphère, une discipline, une vie.
Nous devons entretenir la vie intérieure de l'enfant avec des idées, et pour satisfaire sa boulimie intellectuelle, l'apport de connaissances doit être extrêmement abondant, riche et varié.
Tout le programme doit être basé sur l'idée que l'enseignement ne doit pas être juste une présentation de faits et de connaissances "sèches".Les sujets doivent au contraire être présentés de façon à élever l'esprit.
L'enfant doit baigner tout entier dans un environnement culturel et intellectuel foisonnant.

Voici quelques points concrets de la pédagogie Charlotte Mason:

1: Un bon comportement

Les apprentissages "formels" ne doivent pas être abordés avant la sixième année. Avant cet âge, l'enfant évolue dans le cadre familial -qui est le plus sécurisant pour lui- et apprend par le jeu à adopter un bon comportement durable. C'est ce sur quoi il faut se concentrer les six premières années: construire les fondations qui permettront ensuite à toute l'éducation de se bâtir solidement.

Elle préconisait de tout mettre de côté si de mauvaises habitudes apparaissaient chez l'enfant, et de se focaliser sur chaque mauvais comportement séparément, pendant une période de quatre à six semaines.
Il s'agit, de manière douce, d'encourager l'enfant à perdre ses mauvaises habitudes avant que celles-ci ne s'installent durablement.

2: Des leçons très courtes

Une leçon dure de 5 à 45 minutes grand maximum. Pour un enfant de 6-10ans, elle préconise un temps de 15 minutes environ.
L'objectif est de leur apprendre à travailler concentrés; or on ne peut pas raisonnablement demander à un enfant de maintenir sa concentration plus longtemps.
Dès que l'enfant montre des signes d'agitation, elle recommande de changer de matière. Par exemple passer de l'écriture à la musique, ou des mathématiques aux travaux manuels.

L'enfant approfondira beaucoup plus les domaines dans lesquels il a des affinités et des facilités: sa progression sera forcément hétérogène.
Mais la succession de nombreuses petites leçons chaque jour permet de s'assurer qu'il ne délaisse aucune matière, même s'il avance à un rythme différent dans chaque domaine.

L'environnement de travail n'est pas forcément silencieux: l'enfant doit apprendre à surmonter la distraction, et à maintenir sa concentration dans diverses ambiances, y compris bruyantes.

3: Les "living books"(livres vivants)

Les "living books" de Charlotte Mason sont l'exact opposé des manuels scolaires traditionnels. Un living book est écrit par une personne passionnée par le sujet, qui va chercher à transmettre une connaissance de manière vivante.
Peu importe que le livre fasse deux ou cent pages, pourvu que chaque ligne transpire la passion de l'auteur.
Mason les préconise pour tous les thèmes possibles.

Les manuels scolaires peuvent être utilisés, mais uniquement s'ils remplissent les critères du "living book" (ce qui… n'arrive pas souvent: l'immense majorité étant des ouvrages impersonnels, factuels, qui insultent l'intelligence de l'enfant).
L'idée est d'apporter à l'enfant des histoires inspirantes, qui vont construire ses valeurs et le faire chercher à s'élever, quel que soit le sujet. Robinson Crusoé, L'Ile au Trésor, Le Livre de la Jungle … sont de parfaits exemples de living books: des ouvrages bien écrits, inspirants, et qui exaltent l'imaginaire.

Pour qu'un livre soit un "living book", il doit remplir quatre critères:
-La plume est-elle d'excellente qualité?
-Contient-il des connaissances appropriées aux enfants?
-La lecture apporte t'elle à l'élève cette petite étincelle de plaisir et d'imaginaire?
-Cet ouvrage aura t'il un impact positif sur l'esprit du lecteur?

4: Grammaire et narration

Narration orale: Il faut pousser l'enfant à parler souvent de ce qu'il a vu, lu et vécu. Le but est de l'aider à organiser sa réflexion, d'apprendre à synthétiser ses connaissances, et de l'entraîner à s'exprimer clairement.
Jusqu'à 10 ans environ, Mason préconise d'énormément insister sur cette oralité, et seulement ensuite de passer à l'expression écrite.

Grammaire: comme l'expression écrite, la grammaire est introduite extrêmement tardivement.
Puisque c'est l'étude des mots, et non des choses, elle n'est pas étudiée avant l'âge de dix ans: les capacités d'abstraction étant trop limitées durant la petite enfance. En attendant, la pratique de la copie, de la narration, et de la dictée posent de solides fondations pour l'étude ultérieure de la grammaire.

5: Dictées et copies

Les dictées sont préparées. Les textes doivent être courts mais de très grande qualité littéraire. L'enfant lit la dictée jusqu'à ce qu'il en connaisse l'orthographe et la ponctuation. Puis l'enseignant dicte, et surveille chaque mot à l'instant où l'enfant l'écrit. Il faut le faire corriger immédiatement les erreurs, pour que ce soit fait dans le contexte et que l'enfant ne s'imprègne pas de la mauvaise orthographe.

La copie de textes très courts est elle aussi régulière.
Elle apprend à l'enfant à écrire comme il a appris à parler: par l'imitation.

6: L'art et la musique

On a toujours cette trame de fond primordiale, chez Charlotte Mason, qui est d'exposer l'enfant à un environnement culturel aussi riche que possible.
Charlotte pensait que les oeuvres d'art reflétaient les grandes idées de chaque époque, qu'il fallait les faire étudier dès 6ans, et encourager l'enfant à fréquenter concerts et musées.
Chaque oeuvre découverte doit donner lieu à une narration orale (telle que décrite plus haut).

Elle recommande également les travaux manuels, durant lequel les enfants apprennent lentement et attentivement ce qu'ils doivent faire avec la grande variété de matériaux mis à leur disposition.
Deux mises en garde toutefois concernant cet artisanat:
-ce qui est réalisé doit être soigné (le travail négligé ne doit pas être autorisé)
-il ne doit pas être futile (pas de napperons en papier par exemple)

7: L'étude de la nature

Charlotte pensait que les enfants devaient passer le plus de temps possible dehors: plusieurs heures par jour. Même au lycée: les élèves travaillent six matinées par semaine, mais les après-midis ne sont jamais travaillés puisqu'ils sont passés en extérieur, à faire du sport et à observer la nature.

Dans un carnet qu'ils portent toujours avec eux, les élèves sont encouragés à observer leur environnement et à faire des croquis légendés. Cette pratique donne tout son sens à l'étude scientifique. Les croquis sont de plus en plus complexes au fil des années.
Ce travail, réalisé au coeur de la nature, permet l'étude de l'écosystème dans son ensemble, plutôt que d'étudier en classe une espèce sortie de son contexte.
Il apprend également la patience, et l'observation.

8: Les mathématiques

L'enfant manipule toujours des objets avant de manipuler des concepts. Il doit d'abord réfléchir par oral aux problèmes mathématiques de la vie courante, avant d'en venir aux problèmes écrits.
Il me semble que la méthode de Singapour correspond bien à la pédagogie Charlotte Mason en ce qui concerne les mathématiques.

9: Les sciences sociales

Bible: Comme Maria Montessori, Charlotte Mason était très attachée à l'instruction religieuse. Elle préconise de lire un petit passage de la Bible chaque jour, pour les valeurs et la culture.

Histoire: Dans un classeur, les élèves consignent des fiches sur chaque période étudiée et sur chaque personnage historique et sur chaque évènement important rencontrés dans les living books, romans, biographies, visites culturelles... Ces fiches sont rangées par ordre chronologique, et le classeur accompagne l'enfant tout au long de son apprentissage. C'est le "livre des siècles": une "frise temporelle" personnelle.

Géographie: Comme beaucoup d'autres matières, la géographie s'apprend au travers des living books (tels que des guides de voyage!), et par l'étude de cartes. Elle est intimement liée à l'Histoire et souvent travaillée en parallèle: la géographie, c'est l'Histoire des lieux.

Langue étrangère: Si Charlotte Mason préconisait le français, nous le lui rendons bien en étudiant l'anglais! Son enseignement doit être vivant, au travers d'activités variées.



Tous les articles sur la pédagogie Charlotte Mason: