dimanche 9 mars 2014

Méthode de lecture syllabique Mico mon petit ours

J'ai découvert il y a quelques semaines une méthode de lecture qui m'a conquise: Mico mon petit ours. Une amie ne tarissait pas d'éloges à son sujet, mais comme elle n'est plus éditée aujourd'hui je dois cette belle découverte au (génial) site des manuels anciens.


Une méthode syllabique

Mico, c'est un adorable ourson en peluche dans une famille pleine d'animaux et d'aventures. Le manuel date des années 1960, mais étonnamment il n'a pas pris une ride: le vocabulaire reste actuel. Sa particularité: c'est une histoire suivie. Chaque leçon est la suite de la précédente. Mon fils (5ans) s'est immédiatement attaché

aux personnages de Milène et de Bruno, et est impatient de découvrir la suite du récit.

Le premier livret est consacré au quotidien des deux enfants, de leurs parents, et de la joyeuse ménagerie!

Dans le second livret, Milène et Bruno partent en vacances chez leurs grand-parents: un Grand-père qui les emmène voir des spectacles aériens et joue aux devinettes, et une grand-mère qui conte des histoires d'une richesse fabuleuse pour découvrir l'écrit (Les musiciens de Brême, Poucette, Les vaillants petits lutins…)

Du point de vue de la progression, c'est une méthode syllabique pure. Seul le mot "maman" est donné à apprendre avant qu'il ne soit déchiffrable par l'enfant (mais il est rapide d'expliquer que a et n font "an"). L'ordre des lettres diffère de la méthode Boscher, mais on reste sur le même principe: l'étude méthodique et progressive du déchiffrage, sans "mots outils".

Elle se complète donc parfaitement avec les alphas et les lettres rugueuses Montessori pour tout le travail en amont sur les lettres, les sons et le graphisme.

"Rien n'est trop beau pour l'enfant"

Un en-tête m'a interpellée dans la préface: "rien n'est trop beau pour l'enfant". Cette maxime du philosophe Alain leur a servi de ligne de conduite pour toute l'élaboration du manuel.
Les créateurs ont donc fait appel à une illustratrice que vous connaissez tous sans le savoir grâce aux classiques du Père Castor: la fabuleuse Gerda (qui n'a pas dans sa bibliothèque un exemplaire de Boucle d'or, des Bons amis ou encore de Marlaguette?)

Gerda dit de son travail qu'elle imagine toujours qu'un petit enfant regarde par dessus son épaule lorsqu'elle dessine, et que c'est pour lui qu'elle travaille.
Ses dessins, d'une finesse remarquable, ne comportent aucune fleur ni aucun animal qui ne soient aisément identifiables. Les visages sont expressifs, les détails travaillés...

Je ne retrouve cette beauté et cette progression romanesque dans aucun autre manuel de lecture.

Et lorsque Charlotte Mason parle d'encourager les apprentissages avec des "living books" plutôt qu'avec des manuels "secs d'émotions et d'esthétique", il me semble que Mico correspond tout à fait à sa vision des choses.

samedi 8 mars 2014

L'école publique, un service de baby-sitting?

Libérer les femmes? 

Si le FMI encourage à ce point le travail des femmes,  ce n'est pas tant pour les jolies idées consensuelles contenues dans l'abcd de l'égalité, ni parce que vos beaux yeux manquent à la vie d'entreprise.

C'est parce que votre main d'oeuvre mesdames vaut de l'or: phousser toutes les femmes à travailler génèrerait en France une hausse de 20% du PIB.
En bref, mettre tout le monde sur le marché de l'emploi est un enjeu économique essentiel.

Or il est un obstacle de taille: vos enfants. Obstacle auquel l'état a trouvé la parfaite parade avec l'école: un service de baby-sitting de masse, conçu pour que les parents, déchargés, puissent enfin tous deux travailler (et rapporter).

L'embrasement autour de la réforme des rythmes scolaires rappelle à quel point la mission première de l'école est d'être un service de garde: il doit être calqué sur les horaires des parents, l'enfant ne doit pas gêner.

Et tout allait bien tant que l'école, en plus d'être un lieu d'accueil, fournissait une éducation de qualité et un avenir à tous les petits français.

L'école est un service de baby-sitting de masse

Lorsque le temps d'accueil diminue ou lorsque les enseignants sont en grève, les parents ne se plaignent pas de la perte de jours d'apprentissages.
De l'instruction des enfants ils sont totalement déconnectés, c'est à peine s'ils connaissent les programmes et ce qui est étudié en classe; l'école les a volontairement mis sur la touche: "chacun son job, ne vous en mêlez surtout pas!".

N'ayant plus la main sur le côté instructif de l'école, et franchement lassés par les querelles des théoriciens de l'éducation, les parents hurlent au scandale sur un point: la perte du service de garde.

Si elles ne remplissent plus correctement cette fonction, que reste-t'il?
Les écoles publiques et privées sous contrat renforcent très largement les inégalités sociales, produisent 20% d'illettrés, recrutent des enseignants en plaçant la barre d'admissibilité à 4/20, et 7% des élèves y sont harcelés.

Les plus fortunés (politiciens en première ligne), qui peuvent s'offrir le luxe de se passer de garderies gratuites, ont quitté le navire depuis longtemps au profit d'écoles libres, autonomes, et épanouissantes (Montessori, anglaises, confessionnelles hors-contrat...).

Les élèves qui restent ingurgitent péniblement un socle commun des compétences ponctué d'idéologie, et sortent de l'école de la république sans réelles compétences, sans avoir développé leur propre créativité, dépourvus de sens critique, et avec la mince perspective de trouver un emploi.

Les parents, enseignants dans l'ombre

Avec 80 000 manuels de la méthode Boscher vendus chaque année, j'affirme que les élèves du public qui apprennent à lire aujourd'hui en France le doivent à des parents avertis, qui se chargent du b-a-ba en douce le soir. Les enfants de milieux défavorisés n'ont pas cette chance.


L'éducation nationale n'aurait pas assez de ressources pour redevenir performante, égalitaire, épanouissante, et stopper ainsi l'hémorragie.
Elle en a pourtant largement assez pour contrôler et persécuter les 30 000 familles qui se passent de ses services.

dimanche 2 mars 2014

Club voyage autour du monde: fichier d'activités sur le Japon à imprimer

Ce mois-ci le club voyage autour du monde nous a gâtés avec une fabuleuse destination: le Japon.

Voici  le petit fichier de 25 pages, destiné à l'origine à mes propres enfants de 3, 5 et 7 ans.


Le club voyage autour du monde est une activité que nous faisons en groupe, je veille donc à ce que chaque âge y trouve de quoi apprendre en s'amusant. Le dossier vous mènera dans l'archipel à la découverte de la calligraphie, des estampes, des bonsaïs, de la mythologie, de terrifiants dragons,des déjeuners à l'ombre des cerisiers en fleurs…

Petite nouveauté: une cocotte en papier sur le Japon, toute en syllabes simples, conçue spécialement pour les jeunes lecteurs qui pourront avoir la joie de vous quizzer!

Bon voyage! Itte kimasu! いってらっしゃい 

Le fichier est protégé par les droits d'auteur; merci d'avance de ne pas le partager sans faire de lien vers ce site.

dimanche 9 février 2014

Les fiches de lecture

Voici un modèle de fiche de lecture, pour que les jeunes lecteurs puissent garder un souvenir de leurs expériences littéraires.
Et un petit affichage pour décorer le cahier qui les consignera!

Voir aussi: le petit journal à compléter



jeudi 6 février 2014

Et toi, quel est ton style d'instruction en famille?

Lorsque j'ai commencé à songer à cette "folie" de déscolariser mes enfants, mes connaissances sur l'instruction sans école se résumaient à bien peu de choses; l'idée que je m'en faisais se situait dans un vague brouillard, quelque part entre Jane Eyre… et desperate housewives.
Au fil de mes recherches, j'ai surtout découvert que comme tout milieu, celui de l'instruction en famille possédait son jargon et ses tribus internes. Voici le petit décodeur que j'aurais aimé avoir sous la main à mes débuts!

MILK 38

Les principaux styles d'instruction en famille


L'école à la maison traditionnelle

Les familles qui optent pour l'école à la maison traditionnelle cherchent avant tout à donner à l'enfant de solides bases dans les matières fondamentales telles que le français, les mathématiques, l'histoire, les sciences ou encore la géographie.
L'idée est de l'aider à construire de bonnes fondations: donner à l'enfant les outils qui lui permettront plus tard de développer son sens critique. Le fonctionnement est à peu de choses près calqué sur celui des écoles: matières, cahiers, contrôles et notes. La plupart de ces familles prennent des cours par correspondance, et l'offre est large: CNED, Hattemer, les cours Sainte Anne, les cours Saint Expedit, les cours du Sacré-Coeur, les cours CEFOP, la boîte à bons points, kerlann ou encore l'école par correspondance.
C'est le mode de vie décrit par Holly Pierlot dans son Manuel de survie d'une mère de famille; les ressources ne manquent ni dans la littérature, ni sur le web.

La pédagogie Charlotte Mason

Charlotte Mason est la seule pédagogue à ma connaissance qui ait conçu ses méthodes pour l'école à la maison et non pas pour un cadre scolaire collectif.
Sa méthode insiste sur l'importance d'un bain culturel foisonnant pour insuffler à l'enfant une véritable passion pour la connaissance. C'est une pédagogie très populaire dans les pays anglo-saxons, qui commence juste à se faire connaître en France. Un premier ouvrage en français est disponible sur amazon. C'est la pédagogie que nous pratiquons, et c'est aussi un esprit que je retrouve dans le superbe blog du bonheur en famille.
Je trouve que la pédagogie Charlotte Mason s'applique particulièrement bien aux enfants aux besoins spécifiques (Asperger, dyslexiques, hyperactifs…)

L'unschooling

C'est sans aucun doute le style d'instruction le plus rare et le plus controversé.
L'idée est de ne pas imposer à l'enfant de cadre "formel", de lectures, de rythme d'apprentissage ou encore de programme. Les jeunes suivent leurs propres affinités et cherchent par eux mêmes à apprendre ce qu'ils ont besoin de savoir pour progresser dans ce qui les intéresse.
Cette approche fut défendue par John Holt, un éducateur convaincu que les enfants apprennent par eux mêmes pourvu qu'on les laisse suivre leurs intérêts et qu'ils aient à leur disposition suffisamment de ressources culturelles pour progresser.

La pédagogie Montessori

La pédagogie Montessori est très en vogue actuellement, littéralement propulsée par le succès de deux de deux de ses anciens élèves: Sergey Brin et Larry Page, fondateurs de Google.
Cette méthode, conçue il y a plus d'un siècle, préconise de fournir à l'enfant un environnement adapté, et de lui permettre de choisir les activités qui l'intéressent le plus. Elle insiste sur l'importance du sensoriel: l'enfant fait lui-même l'expérience de ce qu'il assimile.
Beaucoup de belles découvertes à faire par ici: à la douce, les petits pois, en terre d'enfance, l'école des amours…

Et surtout… le "sur-mesure"

La plupart des familles n'ont pas une manière de faire l'école à la maison mais composent selon l'âge, l'enfant dans la fratrie, la période de l'année ou même la matière.
On peut pratiquer le unschooling jusqu'à cinq ou six ans, puis passer à une pédagogie traditionnelle; ou encore adopter du Montessori pour les tout petits et s'en affranchir ensuite…. On peut aussi choisir des cours par correspondance et en changer les supports pour certaines matières.


Faire l'école à la maison c'est surtout s'apercevoir, loin de tout dogmatisme, que chaque enfant est différent, et que nos affinités pédagogiques ne colleront pas forcément à ses capacités.

Elle est là, la richesse de notre communauté: c'est son éclectisme.


lundi 27 janvier 2014

L'enfant et l'ennui.

Je reçois de plus en plus de mails me demandant quelles activités j'organise pour parvenir à remplir 365 journées par an. Avec l'école à la maison, il est assez amusant de constater que ce sont souvent les mêmes questions qui reviennent, et après les interrogations sur la socialisation, viennent celles sur l'ennui… ou plutôt la hantise de l'ennui.

L'école à la maison ne nous prend que trois heures par jour, laissant énormément de temps libre l'après-midi. Durant ces demi-journées de liberté, il m'arrive souvent de ne rien organiser. 


Je pense que beaucoup d'enfants se plaignent d'un manque d'activités parce qu'on ne les laisse pas apprendre à s'ennuyer. Les moments d'ennui ne sont pas forcément une perte de temps; au contraire ils sont nécessaires pour apprendre à se poser et à réfléchir. 
Si je laisse volontiers les enfants "s'ennuyer", en revanche je veille toujours à ce qu'ils aient à leur disposition de quoi s'occuper par eux-mêmes de façon productive.


J'en ai fait les frais plusieurs fois, mais je persiste: ils ont toujours à disposition de la peinture, des pastels, des crayons de toutes sortes, des palettes d'aquarelle, des feuilles et cartons, une caisse d'instruments de musique, un baril de briques de lego, de la pâte à modeler… et surtout des montagnes de livres (A la maison, d'année en année les bibliothèques couvrent de plus en plus de murs, et je pense qu'il n'y en aura jamais assez). 

Les enfants peignent et lisent donc plusieurs heures par jour, librement. Dans le fond, je crois que c'est l'aspect de l'école à la maison qui me plaît le plus: cette débauche de temps libre pour lire et s'inventer des histoires.


Il ne s'agit pas de les laisser livrés à eux-mêmes sans rien à faire ou pire, végéter devant un écran de télévision. Il s'agit de veiller à ce que l'enfant soit suffisamment nourri intellectuellement -par ses rencontres, ses voyages (réels ou littéraires), ses découvertes culturelles- et qu'il ait assez de matière première à sa disposition pour apprendre de lui même à mettre son ennui à profit.

Et je ne cesse de m'émerveiller en constatant qu'une personne qui a appris à s'ennuyer trouvera toujours de quoi créer, pourvu qu'elle baigne toute entière dans un environnement aussi foisonnant que possible.

Pour le penseur et pour l'esprit inventif, l'ennui est ce « calme plat » de l'âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre les effets à part eux : voilà précisément ce que les natures inférieures n'arrivent absolument pas à obtenir d'elles-mêmes ! Chasser l'ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir.
Nietzsche. Le Gai Savoir.

samedi 25 janvier 2014

Nouveau projet de loi sur la scolarisation obligatoire.

Un nouveau projet de loi a été déposé au sénat afin de limiter l'instruction en famille à de rares cas de force majeure.
Aujourd'hui, si l'instruction est obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans, les parents français ont la liberté de choisir entre école sous contrat, école libre hors contrat, ou instruction "en famille" dispensée par la personne de leur choix (qu'il s'agisse d'un parent ou d'un précepteur).


Le coût de ce projet de loi 

Etant donné qu'une scolarité annuelle s'élève en moyenne à 7000€  par élève, ce projet de loi, s'il était adopté, coûterait au contribuable français la bagatelle de:
40 000 élèves supplémentaires x 7000€ = 280 millions d'euros… par an.

Sur dix ans, ce projet de loi sur la scolarisation obligatoire de tous les enfants de six à seize ans coûterait donc près de trois milliards d'euros.


Est-ce vraiment nécessaire?

Ce projet de loi stipule:
"L'un des buts de la scolarisation de l'enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge et de rendre son développement plus harmonieux."
Monsieur Portelli ne pourra pas citer la moindre étude permettant d'étayer son affirmation puisqu'il n'en existe aucune. Aucune étude n'a jamais dénoncé de troubles sociaux chez les enfants instruits en famille.
Seuls les Etats-Unis disposent de statistiques complètes et éclairantes: une fois adultes, les homeschoolers obtiennent en moyenne de meilleurs résultats en communication, socialisation, et maturité. Ils sont aussi plus impliqués dans la vie associative, font des études supérieures plus longues, ont une meilleure compréhension de la politique, et lisent davantage.


"(L'éducation à domicile par la famille) ne peut être le prétexte d'une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux."
Concernant le préjugé sur la motivation religieuse, une étude réalisée aux USA lors du recensement a démontré qu'elle était largement minoritaire, et que la principale raison poussant les familles à opter pour l'instruction en famille était le souci d'offrir une éducation de meilleure qualité à leurs enfants.

Je suis convaincue qu'une étude similaire, si elle était réalisée en France, donnerait exactement les mêmes résultats. Soyons clairs: je suis croyante, mais l'offre en France d'écoles confessionnelles est suffisamment large pour que la religion ne soit pas la raison de mon choix éducatif.

Agiter l'épouvantail consensuel des dérives sectaires, c'est méconnaître une donnée fondamentale: les familles non scolarisantes sont bien plus contrôlées que les familles scolarisantes et que les enseignants de l'éducation nationale.


La mairie effectue des contrôles au domicile tous les deux ans, afin de vérifier les motivations des parents ainsi que le cadre de vie de l'enfant; et un second contrôle annuel est réalisé par un inspecteur d'académie, afin de s'assurer que l'enfant bénéficie d'une instruction suffisante.

A titre comparatif, les enseignants de l'éducation nationale ne sont inspectés que tous les cinq ans en moyenne. Ils sont même en droit de refuser d'être inspectés: c'est facultatif.
Les familles scolarisantes quant à elles ne le sont jamais, sauf signalement.

Et l'école?

Si de plus en plus de parents font le choix de déscolariser leurs enfants, c'est aussi parce que grâce aux classements internationaux l'éducation nationale française ne peut plus nier ses mauvais résultats.

Plutôt que de débourser 280 millions d'euros annuels pour scolariser de force les enfants qui sont actuellement instruits en famille avec succès… pourquoi ne pas concentrer les efforts sur l'urgence de la refondation de l'école?

Il y a fort à faire pour redonner le goût d'apprendre aux élèves, pour atténuer le déterminisme social renforcé par l'école, et pour moderniser les pratiques éducatives.

L'urgence est là: elle n'est pas dans la répression idéologique mais dans l'action.


Pour agir, une pétition contre ce projet de loi est actuellement en circulation. La signer et la diffuser, c'est montrer que nous tenons à un droit que nous avons toujours eu en France: la liberté de choisir l'instruction que nous pensons être la meilleure pour nous enfants.

lire aussi: faut-il interdire l'école à la maison?

vendredi 24 janvier 2014

école à la maison et inspection

C'est notre troisième année d'école à la maison, mais c'est la première année que j'ai un enfant en âge d'obligation d'instruction.
Et nous n'avons pas échappé au premier contrôle, cette après-midi, par une inspectrice de l'éducation nationale. J'avais assez peu d'inquiétudes: mon fils a un an d'avance, et un très bon niveau par rapport à ce qui se fait dans les écoles.

L'inspection


Avec plus d'une heure de retard, "parce que la secrétaire état malade et qu'elle n'avait pas transmis le rendez-vous" (Nul doute, j'ai bien affaire à l'éducation nationale, fidèle à elle-même, me voici rassurée), une charmante inspectrice s'est présentée à notre domicile.

De nombreuses questions sur les raisons pour lesquelles nous avons fait ce choix ont précédé un examen minutieux, matière par matière, du contenu des cahiers et livres de mon petit garçon.

Beaucoup de questions sur ses loisirs, ses activités "extra-scolaires", s'il a une chambre individuelle ou pas, s'il participe aux corvées, ce qu'il lit, mon niveau d'études et leur consistance, la profession de mon mari, nos différentes résidences, les prénoms et âges des frères et sœurs, les activités de la fratrie, le déroulement de mon planning hebdomadaire, s'il fait bien de la musique et un sport collectif, s'il fait bien de la généalogie (!), l'implication de mon mari dans la famille, quelles sorties pédagogiques nous faisons, quels outils informatiques nous avons, à quelle association de défense de l'ief j'adhère, si j'élève des animaux, si je côtoie d'autres familles Ief, si je suis active dans une association,…
Le tout soigneusement consigné au fur et à mesure par informatique.

Nous avons des cours par correspondance, la loi voudrait donc que l'inspection se limite à la seule vérification que c'est bien mon fils qui remplit ses devoirs.

J'ai donc à plusieurs reprises fait part de mon etonnement face à un questionnaire aussi intrusif. L'inspectrice m'a néanmoins affirmé, dans la continuité des courriers qui l'ont précédée, ne faire aucune distinction entre école à la maison et instruction en famille. Nous avons donc eu le même examen que les familles faisant l'instruction en famille sans cours par correspondance.

Une inspection qui s'est bien déroulée, avec toutefois pas mal de critiques formulées devant mon enfant, sur un contenu jugé "trop dense", "trop rigoureux", des mathématiques pas assez manuelles… Beaucoup de suggestions également sur la manière de faire l'éducation civique, sur l'importance de l'anglais, sur comment ils procèdent à l'école…

Le bilan

Je suis assez mitigée.

Je suis très fière de mon enfant qui ne s'est pas du tout démonté, et qui a répondu calmement aux différentes questions alors qu'il était à 7ans à peine en situation d'examen face à une personne inconnue.

Je regrette cependant de ne pas avoir été plus ferme sur le fait qu'elle venait simplement vérifier que mon fils bénéficiait bien d'une instruction et non pas passer toute son éducation au tamis.
J'apprécie les critiques, elles font avancer.
Mais je ne pense pas qu'il soit acceptable que l'on remette en cause devant mon enfant les méthodes et la pédagogie que j'ai choisies.

Et les enfants scolarisés? 

Je ne trouve pas normal que l'éducation nationale m'impose une obligation de résultat qu'elle ne s'impose pas à elle-même.

Je suis pour les contrôles.
Ils me semble normal de vérifier une fois de temps en temps qu'aucun enfant n'est maintenu dans un état d'ignorance ou de dérive sectaire.

Mais dans ce cas pourquoi s'arrêter aux enfants non-scolarisés?

Dans le cadre scolaire, les inspecteurs évaluent les professeurs, pas les élèves. Si un professeur est mauvais il ne sera pas pour autant retiré et remplacé en cours d'année. Le mauvais prof est un sujet tabou, la plupart continueront à sévir jusqu'à la retraite sans être inquiétés.

Mais alors qui évalue les enfants scolarisés?
Les enseignants se sont toujours majoritairement opposés aux évaluations de leurs élèves; certains réclamant encore plus d'anonymat, d'autres refusant même carrément de faire réaliser les évaluations nationales.
Résultat, quatre écoliers sur dix arrivent en sixième avec de graves lacunes. Aucun inspecteur ne le tolèrerait d'un homeschooler. Et pourtant, pour un enfant scolarisé, ça n'affole personne.

mercredi 22 janvier 2014

Voyage en Angleterre: les mots-croisés à imprimer.

Comme tous les enfants, les miens sont joueurs.
Tout passe, pourvu que ce soit amusant. 
Toujours dans le cadre de notre vrai-faux voyage autour du monde, j'ai imaginé cette grille de mots-croisés pour mon aîné de 7ans. 
C'est réalisable de manière autonome: toutes les réponses se trouvent dans le fichier d'activités sur l'Angleterre



mercredi 1 janvier 2014

Club voyage autour du monde en Angleterre: fichier à imprimer.

Le club voyage autour du monde nous comble en nous emmenant ce mois-ci en Angleterre. L'année commencera donc pour nous au son des Beatles, et j'en profite pour vous souhaiter à tous, de tout coeur, a happy new Year!

Notre support est prêt pour le voyage imaginaire: le fichier, d'une vingtaine de pages, nous transportera outre-Manche à la découverte de la Famille Royale, de Richard Coeur de Lion, de Peter Pan, des célèbres Breakfasts… sans oublier Alice, Shakespeare, le tea time ou encore le rugby…
Je l'ai conçu pour mes enfants de 3, 5 et 7 ans, en sachant que la petite coloriera et écoutera surtout les histoires, et que pour mon grand cela servira surtout de trame pour ses propres lectures. 

Le fichier est protégé par les droits d'auteur; merci d'avance de ne pas le partager sans faire de lien vers ce site

Enjoy your trip! 

Fichier en vente sur Comptoir des Cours

Plus de fichiers à imprimer:

mardi 17 décembre 2013

La pédagogie Charlotte Mason et les enfants Asperger.

La plupart des enfants Asperger n'a pas de problème avec les matières purement scolaires, surtout avec l'école à la maison qui lui permet d'aller à son rythme.
Mais à quoi bon dévorer les programmes et assimiler toujours plus de connaissances, si l'on ne développe pas en parallèle ses compétences sociales?
Vous pouvez-être aussi bon que vous voulez, on ne viendra pas vous chercher. Dans le monde actuel il faut savoir "se vendre": connaître les codes sociaux, savoir quoi dire et quand le dire, et développer son répertoire relationnel. On se fiche de votre cause si vous ne savez pas la défendre.

Toutes ces compétences sociales, souvent naturelles, sont très difficiles à acquérir pour les personnes qui vivent avec le syndrome d'Asperger.


Le bain culturel

La pédagogie Charlotte Mason part du principe que les matières "classiques" (le français, les mathématiques, l'histoire…) doivent être aussi souvent que possible enveloppées d'histoires, de contexte. Il n'existe à ma connaissance aucune pédagogie qui insiste à ce point sur l'importance de l'environnement culturel.
Les "living books", ces petits livres inspirants que Mason encourage à utiliser le plus souvent possible pour toutes les matières, aident ces enfants à se raccrocher à une histoire et à des comportements. Dans la pratique, ça signifie étudier la géographie à travers des guides de voyage et des récits d'explorateurs; ou encore étudier l'histoire à travers la littérature.
Non seulement c'est fun, mais surtout ça leur fournit des modèles comportementaux sur un plateau.
Ce bain culturel les aide aussi à diversifier leurs centres d'intérêts, trop souvent focalisés sur un seul et même sujet à la fois.
-> L'enfant Asperger a souvent des difficultés pour saisir les comparaisons et métaphores: il est nécessaire d'y passer plus de temps, et de s'arrêter sur chacune pour les expliquer.

La narration

Les parents d'enfants Asperger connaissent bien le problème: la plupart peuvent parler durant des heures d'un même sujet… celui qui les passionne sur le moment! Mais dès qu'il s'agit d'avoir une réelle conversation et de les faire parler d'autre chose, ça peut vite devenir la croix et la bannière.

Chez Mason, la narration a un rôle crucial: il faut encourager l'enfant à raconter ce qu'il voit, écoute, vit et lit. 
C'est un exercice excellent non seulement pour les enfants Asperger, mais aussi pour tous les enfants "dys", parce qu'il pose les bases de l'écriture et qu'il les pousse à se concentrer sur un sujet en particulier. Cette narration quotidienne ouvre l'horizon du vocabulaire, et libère la prise de parole. C'est aussi l'occasion, avec un enfant Asperger, d'insister sur le regard et de travailler sur le contact visuel trop souvent fuyant.

Le "théâtre de la vie"

Chez Mason, l'apprentissage d'un comportement social adapté aux différentes situations se fait grâce à la littérature. Et plutôt que de travailler sur toutes les règles de savoir-vivre en même temps, elle propose de ne travailler que sur un point à la fois.
En gardant cette idée d' "une chose à la fois", on peut proposer à l'enfant de faire des jeux de rôles. Imitez par exemple un autre enfant qui vient se présenter à lui, et apprenez-lui à faire l'effort de retenir son prénom, à répondre aux questions et surtout à les retourner.

Ou bien amusez-vous à faire des quizz sur ce qu'on peut dire ou ne pas dire, quitte à tomber dans le caricatural. Vous serez surpris de voir que pour un enfant Asperger, ce n'est pas évident. Il va devoir apprendre chaque cas particulier par coeur.
Par exemple:
-Un enfant est tombé, il saigne, et son papa ne l'a pas vu: faut-il le prévenir? 
OUI, c'est une urgence. 
-Un enfant a une énorme pustule sur le visage, faut-il prévenir son papa? 
NON, ce n'est pas une urgence, et cela pourrait peiner le papa. 
-Une dame fait tomber son manteau dans la rue, faut-il la prévenir? 
OUI, pour l'aider à le récupérer
-Une dame a un horrible manteau, faut-il la prévenir? 
NON, elle a le droit d'avoir d'autres goûts,et critiquer son manteau pourrait la peiner.
-…

L'expression écrite

Ici c'est très difficile, et je me heurte à un mur avec le manuel d'expression écrite de notre cours par correspondance. 
Faire imaginer et écrire une histoire à un enfant qui a déjà des difficultés orales… est très difficile, surtout lorsque le sujet donné n'a rien à voir avec ce qui l'intéresse. 
Faire des pages d'opérations ou d'analyses grammaticales est souvent un jeu pour un enfant Asperger. Mais répondre à des questions du style "Que pense le petit garçon sur l'image? Qu'a t'il envie de faire?" est un vrai problème. 
J'essaie de capter son attention en utilisant les sujets qu'il aime. La rédaction hebdomadaire d'un petit "journal à compléter" l'aide beaucoup à structurer son discours.
Nous allons également tenter de partir d'images liées à ses centres d'intérêts du moment.

L'art

De nombreux enfants Asperger s'épanouissent artistiquement. C'est aussi souvent le cas pour les enfants dyslexiques. La pratique quotidienne de la danse, du dessin, d'un instrument de musique ou encore de la peinture peuvent aider l'enfant à s'épanouir et à s'exprimer différemment

Le temps en extérieur

Beaucoup deviennent très "casaniers", et  préfèrent le confort d'une chambre connue et rassurante. L'extérieur, avec tout ce qu'il a d'imprévu, peut être l'objet d'une terrible angoisse. 
Dans la pédagogie Charlotte Mason, l'enfant passe plusieurs heures dehors, à observer la nature ou à se défouler. Encourager mon fils à sortir tous les jours est une habitude qui a été très difficile à instaurer, mais je pense qu'elle en vaut largement la peine.
Ce n'est pas seulement une aide, c'est un réel besoin pour les enfants Asperger: être en extérieur les aide à canaliser leur énergie, à calmer leurs angoisses, et à s'habituer à l'imprévu

Le sport en collectivité

Il fait partie des trois à six heures de temps en extérieur recommandées par Mason. Le sport est essentiel pour les aider à coordonner leurs mouvements-chose souvent laborieuse-, et à faire partie d'un groupe avec des règles définies. 
C'est aussi un bon moyen d'être en collectivité tout en ayant quelque chose de précis à faire: courir après un ballon par exemple, ou encore faire un parcours de gymnastique. Les connexions sociales se créent ainsi par le jeu, autour d'un objectif et d'un intérêt commun; sans pression.


Tous les articles sur la pédagogie Charlotte Mason:



vendredi 13 décembre 2013

Le Pôle Nord: comment les ours polaires survivent-ils au froid?

Dans le cadre de notre expédition imaginaire au Pôle Nord avec le club voyage autour du monde, nous avons fait une petite expérience bien amusante aujourd'hui: après avoir fabriqué une petite banquise et observé sa flottaison, nous avons enrobé notre main dans de la graisse pour comprendre comment les animaux polaires survivent aux températures arctiques.

L'expérience fait partie du fichier d'activités sur le Pôle Nord.


Mais la graisse ne fait pas tout: les ours polaires ont aussi une épaisse fourrure, qui les aide à conserver leur chaleur corporelle. De cela aussi nous avons fait l'expérience: la main enveloppée de fourrure en peluche, nous nous sommes aventurés… dans le congélateur!


mardi 10 décembre 2013

Comment avoir des enfants sages.

J'ai reçu cette semaine une question que j'ai trouvée géniale: "comment fais-tu pour que la troisième peigne sans re-décorer les murs et que ton bébé patouille et fasse de la pâte à modeler sans incruster le tout dans le sol, les chaussures, etc et n'aille pas peindre avec sa soeur ?"


J'allais répondre que l'essentiel est de les maintenir tous occupés, et de naviguer d'un enfant à l'autre pour leur donner toujours de quoi faire. 

Et puis… il s'est passé ça. La rencontre d'une petite fille un peu trop silencieuse dans la salle de jeux, d'une maman occupée, et d'un pastel discrètement subtilisé dans la cuisine. Ou comment rompre joyeusement la monotonie d'un mur immaculé:



Dans la foulée, dimanche, lors de la messe, mes quatre enfants ont chahuté. Je reste toujours au fond avec eux pour qu'ils dérangent le moins possible, mais je dois avouer que les dernières minutes leur ont semblé bien longues.

Je crois qu'il n'est pas une mère qui n'ait jamais vécu ce lourd moment de solitude: maintenir silencieuse une progéniture à bout de patience, tout en restant droite sous la mitraille des regards obscurs.
L'heure achevée, soulagée de prendre le chemin de la sortie, je ne me suis pas éclipsée assez vite: une horde de personnes âgées m'est tombée dessus:
"On fait garder ses enfants pendant la messe, Madame", "Ne voyez-vous pas qu'ils dérangent?", "Vous n'êtes pas gênée qu'ils fassent du bruit?", "Mais à quoi la garderie sert-elle?". 
C'était à la messe, mais ça aurait pu être n'importe où. 

Les enfants n'ont plus leur place dans le monde actuel. On ne tolère plus ni leurs bêtises, ni leur chahut. Ils doivent être "à part": dans des garderies, à l'école… ils doivent rester entre eux, et ne pas "déranger". 

L'enfant est une personne

Nous devons cette idée à Maria Montessori ou encore Charlotte Mason.
Malheureusement, c'est trop souvent mal compris. L'enfant est une personne, qui mérite respect et attention. Il n'est pas pour autant un adulte miniature: la sagesse, le calme, la maîtrise de soi ou encore la patience s'acquièrent avec les années. 
En attendant qu'il s'assagisse, il fera mille bêtises. Et tant mieux! Il tâtonne, découvre, cherche les limites, se défoule, s'amuse d'un rien… 
Faut-il, en attendant qu'il devienne raisonnable, le mettre à l'écart? 

L'exemple scandinave

J'ai voyagé avec les enfants en Islande, Suède et Norvège. 
La fessée y est interdite. 
Mais ce qu'on dit moins souvent c'est qu'il est infiniment plus facile d'être un parent suédois que d'être un parent français. 
La pression n'est pas comparable. Les lieux publics y sont tous adaptés aux enfants: vous avez des bacs de jouets partout, et le moindre snack a quelques feutres et un carnet à prêter aux petits pour les occuper. Tout est fait pour que tout le monde se sente bien et vive ensemble: les personnes âgées, les adultes, les enfants…
Les cris, le chahut, font partie du décor, parce que les enfants font partie de ce décor. Ils sont acceptés comme ils sont; et un enfant qui ne bouge pas, c'est ça qui est inquiétant. 

Supporter les bêtises

Devenir parent, c'est très vite se rendre compte qu'on ne maîtrise pas tout. 
Partant du constat qu'un enfant peut vite se transformer en tornade, vous avez plusieurs options: 

-les mettre à l'écart pour qu'ils ne "dérangent pas". Mais je suis de ceux qui pensent qu'on apprend à devenir adulte dans le monde réel, entouré de personnes de tous âges, et non parqué dans des collectivités "entre enfants". 
-toujours être derrière eux, pour les empêcher de "déborder". Ca marche un temps, mais qui supporterait d'avoir quelqu'un toujours sur son dos?
-ou choisir d'accepter leurs bêtises. Passer derrière, prendre son mal en patience, leur demander de réparer quand c'est possible, leur apprendre à présenter leurs excuses, montrer l'exemple soi-même… expliquer inlassablement que si les hommes des cavernes dessinaient sur les murs c'est parce qu'ils n'avaient pas cette merveilleuse chose qu'est le papier… 

C'est parfois usant. 
C'est souvent décourageant. 
Et oui, cette semaine j'ai repeint un mur, et ça ne sera sûrement pas le dernier. 
J'ai été très en colère, mais les pots de crayons, la peinture et la pâte à modeler resteront toujours à leur portée dans la cuisine. Les bêtises sont inévitables, et surtout elles font grandir. 
Un enfant trop sage est un enfant qui n'ose pas, qui a peur, ou auquel on ne donne pas suffisamment les moyens d'essayer. 

dimanche 8 décembre 2013

Horizontal et vertical

Un affichage tout simple dans la "homeschool room", pour aider les enfants à mémoriser le sens d'horizontal et celui de vertical.


L'affichage est téléchargeable ici:




dimanche 1 décembre 2013

Premier dimanche...

Premier dimanche de l'avent.
Les petits Homeschoolers vous souhaitent un mois de décembre enchanté. 

Ferm living