Une méthode syllabique
Mico, c'est un adorable ourson en peluche dans une famille pleine d'animaux et d'aventures. Le manuel date des années 1960, mais étonnamment il n'a pas pris une ride: le vocabulaire reste actuel. Sa particularité: c'est une histoire suivie. Chaque leçon est la suite de la précédente. Mon fils (5ans) s'est immédiatement attachéaux personnages de Milène et de Bruno, et est impatient de découvrir la suite du récit.
Le premier livret est consacré au quotidien des deux enfants, de leurs parents, et de la joyeuse ménagerie!
Dans le second livret, Milène et Bruno partent en vacances chez leurs grand-parents: un Grand-père qui les emmène voir des spectacles aériens et joue aux devinettes, et une grand-mère qui conte des histoires d'une richesse fabuleuse pour découvrir l'écrit (Les musiciens de Brême, Poucette, Les vaillants petits lutins…)
Du point de vue de la progression, c'est une méthode syllabique pure. Seul le mot "maman" est donné à apprendre avant qu'il ne soit déchiffrable par l'enfant (mais il est rapide d'expliquer que a et n font "an"). L'ordre des lettres diffère de la méthode Boscher, mais on reste sur le même principe: l'étude méthodique et progressive du déchiffrage, sans "mots outils".

Elle se complète donc parfaitement avec les alphas et les lettres rugueuses Montessori pour tout le travail en amont sur les lettres, les sons et le graphisme.
"Rien n'est trop beau pour l'enfant"
Un en-tête m'a interpellée dans la préface: "rien n'est trop beau pour l'enfant". Cette maxime du philosophe Alain leur a servi de ligne de conduite pour toute l'élaboration du manuel.Les créateurs ont donc fait appel à une illustratrice que vous connaissez tous sans le savoir grâce aux classiques du Père Castor: la fabuleuse Gerda (qui n'a pas dans sa bibliothèque un exemplaire de Boucle d'or, des Bons amis ou encore de Marlaguette?)
Gerda dit de son travail qu'elle imagine toujours qu'un petit enfant regarde par dessus son épaule lorsqu'elle dessine, et que c'est pour lui qu'elle travaille.Ses dessins, d'une finesse remarquable, ne comportent aucune fleur ni aucun animal qui ne soient aisément identifiables. Les visages sont expressifs, les détails travaillés...
Je ne retrouve cette beauté et cette progression romanesque dans aucun autre manuel de lecture.
Et lorsque Charlotte Mason parle d'encourager les apprentissages avec des "living books" plutôt qu'avec des manuels "secs d'émotions et d'esthétique", il me semble que Mico correspond tout à fait à sa vision des choses.














